À l’approche des célébrations de fin d’année, le spectre d’une pénurie de poisson s’éloigne au Cameroun. À l’issue d’une concertation stratégique tenue ce 4 novembre 2026 à Yaoundé sous la présidence du ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, l’État a décidé de redistribuer les quotas d’importation inexploités aux opérateurs les plus performants, garantissant ainsi l’approvisionnement continu des marchés.
L’ambiance s’annonçait électrique, mais le pragmatisme a prévalu autour de la table. Soucieux de couper court aux inquiétudes nées des alertes diffusées en septembre dernier par la société Congelcam, le gouvernement a réuni l’ensemble des acteurs de la filière halieutique : administrations sectorielles, producteurs locaux et grands importateurs, avec en tête le sénateur Sylvestre Ngouchinghe, PDG de Congelcam.
L’enjeu restait critique pour le panier de la ménagère. Selon les données du Ministère de l’Élevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA), le Cameroun affiche un déficit structurel important : pour une demande nationale estimée à 500 000 tonnes par an, la production locale s’est limitée à 259 000 tonnes en 2025.
La fin des « quotas dormants » et la redistribution des cartes
Pour combler ce gap, un volume global de près de 200 000 tonnes d’importation avait été accordé pour 2026 à 52 opérateurs. Problème : 18 d’entre eux n’ont importé aucun poisson depuis le début de l’année, tandis que la plupart des autres affichent des performances marginales. Seuls Congelcam — qui détient 66 % des autorisations avec 130 000 tonnes — et la société Akain Nicolas Luis respectent leur cahier des charges.
Face à cette défaillance, le ministre Luc Magloire Mbarga Atangana a tranché net : les « quotas dormants » seront immédiatement réattribués aux entreprises réellement capables de livrer. Dans la même lancée, la Société Générale de Surveillance (SGS) a été sollicitée pour accélérer les procédures de contrôle aux portons et lever les verrous logistiques.
Souveraineté alimentaire et offensive sur le poisson local
Au-delà des mesures d’urgence pour la fin d’année, les autorités rappellent le cap de l’import-substitution à travers le Plan intégré agropastoral et halieutique (PIISAH). Les restrictions sur l’importation de poissons d’élevage comme le tilapia et la carpe restent en vigueur pour protéger les producteurs locaux.
Recadrant le secteur aquacole national, le ministre du Commerce a invité les éleveurs locaux à faire preuve d’agressivité commerciale et à « marquer leur territoire », promettant le déploiement de points de vente promotionnels. Invité à rassurer formellement les consommateurs par une communication officielle, le leader du marché, Congelcam, scelle le retour à la sérénité. Les ménages camerounais peuvent aborder les festivités avec l’assurance de trouver du poisson en quantité et à prix régulé dans leurs assiettes.





