Le journaliste sportif Alain Denis Ikoul dans cette sortie estime que le trophée de la can feminine n’est pas la propriété de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot).
Lettre ouverte à Samuel Eto’o : Monsieur le Président, remettez le trophée des Lionnes au peuple camerounais et cessez d’en faire un outil de propagande personnelle !
Monsieur le Président,
Le 16 août 2026, les Lionnes Indomptables ont offert au Cameroun l’un des plus beaux moments de son histoire sportive. Elles ont remporté la CAN féminine au Maroc et sont revenues au pays avec le trophée.
Depuis, Monsieur le Président, ce trophée voyage, est présenté, exposé et exhibé. Il a été présenté au chef de l’État. Il se retrouve dans les locaux de la FECAFOOT et, si les informations annoncées se confirment, il sera encore présenté au public à Garoua à l’occasion du match des Lions Indomptables contre les Comores demain.
Mais Monsieur le Président, le peuple camerounais dans son immense majorité me charge vous poser cette question : quand allez-vous rendre ce trophée à la République ?
Ce trophée, tonton Pichichi, n’est pas celui de la FECAFOOT. Mais vous êtes président de la FECAFOOT. Vous avez donc naturellement le droit de vous réjouir de cette victoire. Mais vous n’avez pas remporté cette CAN. Ce sont les Lionnes Indomptables qui l’ont gagnée. Ce sont elles qui ont travaillé, couru, souffert et combattu sur les terrains du Maroc. Derrière elles, c’est le Cameroun qui a remporté ce trophée, grâce au leadership du chef de l’Etat à travers le Ministre des Sports.
Monsieur le président, il existe une tradition institutionnelle en rapport avec les trophées remportés par nos sélections nationales toutes disciplines confondues. Depuis des décennies, les trophées remportés par les sélections nationales sont intégrés au patrimoine sportif du pays et conservés dans l’institution publique compétente, à savoir le Ministère des Sports.
Monsieur le président, le Cameroun a remporté cinq CAN masculines : 1984, 1988, 2000, 2002 et 2017. Ces victoires appartiennent à l’histoire du Cameroun. Elles ne sont la propriété personnelle d’aucun président de Fédération. Alors, pourquoi le trophée remporté par les Lionnes en 2026 devrait-il connaître un autre destin ? Pourquoi reste-il « confisqué » dans votre bureau ?
Monsieur le Président, depuis le sacre des Lionnes le 16 Août, le trophée semble être devenu un objet particulièrement présent dans votre communication personnelle. On le présente aux visiteurs. On le montre aux personnalités. On l’exhibe dans les locaux de la Fédération. Et maintenant, plusieurs semaines après la victoire, il devrait encore être présenté au public à l’occasion d’un match des Lions.
Monsieur le président, à quel moment ce trophée retrouvera-t-il sa place dans le patrimoine sportif de la République basé au Ministère des Sports ?
Monsieur le président, il y a une différence entre célébrer une victoire et s’approprier le symbole de cette victoire. Vous devez rendre le trophée. Ce trophée n’est pas le vôtre. Il n’est pas celui du Comité exécutif de la FECAFOOT. Il n’est pas celui d’un groupe de dirigeants. Il est celui des Lionnes. Il est celui du Cameroun.
Alors, au nom du peuple qui a vibré devant les exploits de nos championnes, au nom du respect à notre histoire sportive, le peuple vous demandons simplement de remettre ce trophée au ministère des Sports, là où il a vocation à être conservé comme un bien du patrimoine sportif national.
Le trophée doit retourner à la République, dans sa cage au Ministère des sports et de l’éducation physique, sauf si vous avez décidé de le confisquer, parce qu’il n’appartient ni à Samuel Eto’o, ni à la FECAFOOT. Il appartient au Cameroun.





