Dans cette sortie d’Oscar Djiki, il est d’une évidence certaine que la tontine qui est un ouvrage des peuples originaire de la région de l’Ouest Cameroun est une forme de témoigne de la disposition « des sociétés africaines à inventer leurs propres institutions, à faire de l’économie une affaire de culture et de dignité, et à montrer que l’Occident n’est pas le seul horizon de la pensée sociale » contrairement en Italie où elle n’est pas pratiquée.
« Qu’on le dise sans détour : si le mot « tontine » est d’origine italienne, la pratique camerounaise n’a emprunté que ce terme dans son appellation française. Dans sa réalité vécue, elle est une institution proprement camerounaise, et plus spécifiquement bamiléké, enracinée dans une tradition communautaire qui n’a rien à voir avec les montages financiers européens. À l’Ouest Cameroun, au contraire, le njangi ou le tchoua est une pratique sociale, une école de solidarité et de responsabilité, où l’épargne rotative permet à chacun de réaliser ses projets grâce à la force du collectif. Ici, la tontine n’est pas une abstraction financière : elle est une philosophie vécue, une manière de dire que la richesse n’a de sens que dans le lien et que l’économie est d’abord une éthique . Que les anthropologues du naufrage souffrent de l’entendre : la tontine camerounaise n’est pas une imitation, mais une création. Elle témoigne de la capacité des sociétés africaines à inventer leurs propres institutions, à faire de l’économie une affaire de culture et de dignité, et à montrer que l’Occident n’est pas le seul horizon de la pensée sociale »





