Le Dr Louis Marie Kakdeu estime que la dernière lettre pastorale de Mgr Samuel Kleda, bien que visant à dénoncer le régime, risque de décourager les électeurs et de servir involontairement Paul Biya. Pour lui, l’ennemi principal est l’abstention, et seule une forte participation peut provoquer l’alternance. Le vice-président du SDF appelle donc les citoyens à voter massivement le 12 octobre et à sécuriser leur vote.
Lire ici sa sortie :
A ce jour, 11 août 2025, Monseigneur Kleda est devenu, malgré lui, le plus grand soutien de Paul Biya. Voulant dénoncer un système régnant, il lui a plutôt ajouté un souffle de vie. Et c’était l’effet désiré par le système Biya.
Le message que traduit la sortie de Monseigneur Kleda est qu’il ne sert à rien d’aller voter. Or, c’est exactement ce qui fait gagner Biya depuis 43 ans. Les Camerounais doivent comprendre que l’adversaire politique du moment s’appelle « ABSTENTION ». Si le taux d’abstention est élevé, alors Paul Biya restera au pouvoir. Si le taux de PARTICIPATION est élevé, alors Paul Biya partira. Quiconque travaille aujourd’hui pour pousser les citoyens à s’abstenir apporte son soutien à l’autocratie régnante.
Nous sommes en République !
Dans une République, il n’y a pas de messie. Chaque citoyen normal est éligible. Chaque citoyen peut diriger le pays si les règles de droit sont respectées. Au Cameroun en 2025, il faut travailler pour renforcer les INSTITUTIONS au lieu de s’activer à chercher le messie qui viendra nous délivrer. Je ne crois pas au Père Noël. Le messie ne viendra pas diriger le pays à notre place parce qu’il faut « donner à César ce qui est à César ».
Voulant bien faire, la communication de Monseigneur Kleda engendrera plutôt un effet pervers. Je pense qu’il doit y revenir et trouver une formule pour préciser qu’il ne s’agit pas de décourager les citoyens d’aller voter massivement. Dans le combat, la formule des martyrs a toujours été la suivante : » Si je tombe, enjambez mon corps et continuez la lutte ». Aucun combattant digne de ce nom n’a jamais recommandé que le combat s’arrête lorsqu’il tombe. Les arrivistes du Cameroun pensent que la lutte a commencé avec eux et qu’elle s’arrêtera après eux. C’est le principal sujet de notre désaccord. La vie d’une Nation ne peut pas tourner autour d’un individu.
Ma propre déception.
Ma propre déception est que l’on ne soit pas en train de dire à l’unanimité : « La lutte continue ». Je suis déçu de voir des personnalités morales sombrer dans le défaitisme. La lutte continue !
Et la coalition alors?
Halte à l’hypocrisie ! Je me serais attendu à ce que ceux qui sont des gardiens de la morale au Cameroun appellent à limiter la distraction et l’hypocrisie. Nous savons tous qu’il y aura 12 bulletins de vote dans chaque bureau de vote le 12 octobre prochain. Pourquoi perdre le temps précieux que l’on n’a déjà plus pour aller à la rencontre des citoyens dans les 360 communes du pays. Franchement, si des gens ont déposé leurs candidatures sans avoir un projet politique à proposer, n’est-ce pas questionnable? La moindre des choses est que quelqu’un nourrisse un projet original pour son pays avant de déposer sa candidature, non? Quel est même le sens de ce que nous faisons souvent au Cameroun ? Est-on candidat pour se faire voir? Nourrit-on la poule le jour du marché ? Quand on se sera entendu sur un projet à un mois des élections, quand prendra-t-on le temps pour faire le tour du pays ? Le Cameroun se limite-t-il à Douala et Yaoundé ?
Il ne faut pas insulter l’intelligence des citoyens.
Peut-être que certains participent ou s’intéressent aux élections pour la première fois. Mais, si vous regardez les statistiques, les citoyens ont toujours su CHOISIR. Les trois ou quatre premiers ont toujours regroupé plus de 95-98% des suffrages valablement exprimés. Personne n’a jamais perdu les élections au Cameroun à cause des 2-5% cumulés que la dizaine des autres candidats ont toujours eu.
Aux armes, citoyens !
Et votre arme, c’est votre bulletin de vote!
Toutes et tous aux urnes le 12 octobre 2025. Notre responsabilité en tant que parti politique en lice, c’est de sécuriser votre vote. Le SDF a pris de l’expérience et a tiré leçons du passé. Nous avons lancé depuis un an le recrutement de 90000 agents électoraux. C’est la clé de l’alternance. Plus rien ne sera comme avant ! Par le passé et après tout le boucan, les partis de l’opposition n’étaient représentés que dans 3% des bureaux de vote dans un compte où seul le PV d’Elecam compte. Vous comprenez que l’on faisait tout sauf l’essentiel.
Nous avons au SDF pris l’engagement que plus rien ne sera comme avant. Et c’est notre contrat avec le peuple pendant cette campagne.
Louis Marie Kakdeu
Deuxième Vice Président National SDF





