Maurice Kamto s’interroge sur le sort des otages

L’homme politique estime que le gouvernement devrait donner des explications aux familles des autres otages prétendus être encore entre les mains des ravisseurs.
DECLARATION SUR LES OTAGES OUBLIÉS DU KIDNAPPING DU 14 AOUT 2025 SUR LA ROUTE KOUSSERI-MAROUA
Malgré l’assassinat crapuleux de l’un des cinq enfants d’une famille dont les auteurs et les complices devront en répondre tôt ou tard, je me réjouis que quatre de ces enfants ont été libérés vivants.
J’exprime ma profonde compassion à la famille du jeune compatriote lâchement assassiné.
Je félicite tous ceux qui, de quelque manière que ce soit, ont contribué directement ou indirectement à la libération des dix premiers otages. Selon les premières informations qui ont circulé sur cette affaire dès les premières heures de cette date fatidique du 14 août dernier, 17 personnes auraient été enlevées.
Lors de son intervention à l’occasion de la libération de dix premiers otages, le Gouverneur de Région de l’Extrême-Nord a évoqué, le 21 août, plutôt quinze personnes enlevées, et a promis que le public serait amplement informé des suites de l’affaire.
Plusieurs jours après cette déclaration, que deviennent les autres otages, combien sont-ils et qui sont-ils ?
Certes, dans sa façon si particulière de gouverner, le pouvoir en place n’a pas daigné prendre la parole, depuis le 14 août, pour informer les Camerounais, les rassurer et même consoler officiellement la famille dont un des fils a été froidement assassiné.
Jusqu’à quand ceux qui nous gouvernent vont-ils afficher autant de mépris pour les Camerounais ?
Ils doivent, en effet, des explications aux familles des autres otages supposés être encore entre les mains des kidnappeurs. Ils les doivent également aux Camerounais. On fait de la politique pour ses concitoyens et non pas pour soi, ou seulement pour jouir du pouvoir. Il est donc urgent que ceux qui nous gouvernent s’en souviennent et montrent aux familles des otages et aux Camerounais qu’ils ont encore un cœur eux aussi, et qu’ils sont sensibles aux souffrances du peuple.
J’ai une pensée particulière, d’abord, pour les familles des otages dont on resterait sans nouvelles jusqu’ici; ensuite pour les populations du Grand Nord qui sont confrontées au quotidien à une insécurité – dont les ressorts devront être expliqués aux Camerounais un jour, tant il y a des situations et des déclarations publiques sur ce sujet qui interrogent; et enfin pour les femmes et les hommes qui, parfois sans les moyens nécessaires, essaient d’endiguer une insécurité systématique aux contours plutôt politiques.
Fait à Yaoundé, le 27 août
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