Une étoile de la musique camerounaise s’en est allée.
Ange Ebogo Emerant est décédé dans la nuit de ce jeudi 28 août 2025, à 3 heures du matin, des suites de maladie. Sa dépouille a été acheminée à la morgue de l’hôpital central de Yaoundé. Il avait 72 ans, apprend-on.
Né le 4 décembre 1952 à Mfou, par Awae Escalier, dans le département de la Méfou et Afamba (Centre Cameroun), Ange Ebogo Emerant obtient un brevet et un CAP en menuiserie et coffrage. Très jeune, il se passionne pour le chant et intègre des chorales grâce à sa voix exceptionnelle. Ce talent naturel le mène vers les cabarets de Yaoundé et de plusieurs villes du pays, où il commence à se faire un nom.
Une voix « angélique » et un surnom qui restera
Chanteur, arrangeur et instrumentiste, Ange Ebogo Emerant était reconnu pour sa voix angélique, d’où le surnom « Ange » qui l’accompagne depuis près d’un demi-siècle. Découvert dans les bars-dancings de Yaoundé, il impressionnait par sa capacité à imiter aussi bien Joe Dassin que Rochereau ou Tabuley. Figure du bikutsi, il a marqué la scène musicale camerounaise par son style unique et sa longévité.
Un artiste engagé politiquement
Proche du pouvoir, Ange Ebogo Emerant a régulièrement mis sa voix au service des campagnes du président Paul Biya entre 1994 et 2018. On se souvient notamment de son interprétation lors de la campagne de 2018, où il qualifiait Paul Biya de « choix de Dieu ». Pour la première fois, il ne prendra pas part à la campagne électorale de 2025, la maladie l’ayant emporté.
Les illusions de la richesse
Sa proximité avec le régime et sa notoriété avaient poussé certains à croire qu’il vivait dans l’aisance. Mais derrière l’image publique, la réalité était bien différente. Loin d’être riche, l’artiste survivait grâce à l’agriculture et à quelques prestations ponctuelles, Comme l’écrivait en 2024 le média Culture Ebene.
« Il rit de ses richesses supposées alors qu’il vit de l’agriculture et des petits spectacles glanés ici et là. Il rit de ce que les Camerounais qui ne connaissent pas la réalité de sa vie le taillent en pièces quand on le voit encore coincé dans les taxis, parfois en surcharge au siège avant, tel un passager lambda. Il rit enfin de son pays qui n’est jamais pressé de récompenser ses enfants les plus méritants. »





