Point de vue : « Samuel Eto’o m’a menti… »

Jean Ediegnie dresse un réquisitoire sévère contre la gouvernance de Samuel Eto’o à la tête de la FECAFOOT.

Entre promesses ambitieuses et réalités du terrain, il dénonce cinq engagements majeurs restés sans résultats concrets.

Selon lui, le mythe du grand joueur ne suffit pas à faire un grand dirigeant.

Lire sa sortie :

Top 5 des petits mensonges auxquels Samuel Eto’o m’a fait croire… lors de son premier mandat à la tête de la FECAFOOT

Mes chers compatriotes,

En scrollant ce matin, j’ai éclaté de rire en lisant ce commentaire enthousiaste de notre Béatrice Doudou à propos de la finale de la Coupe du Cameroun disputée hier au stade omnisports de Mfandena :

 « Redonner au football camerounais toute sa grandeur,

nous y sommes… et cela se voit. »

Cette phrase, à elle seule, résume le grand malentendu qui entoure aujourd’hui notre football.

Car toujours hier, sur le plateau du Grand Débat sur Cam10 Télévision, le journaliste Jean de Dieu Ayissi posait un diagnostic beaucoup plus cruel — mais infiniment plus juste :

 « Si vous appelez un jeune, vous lui demandez de vous donner cinq noms de joueurs du Real Madrid, ça va couler.

Alors que si vous lui demandez de vous donner le nom de deux joueurs de Panthère du Ndé ou de trois joueurs de Colombe, il ne va pas répondre… »

Tout est là.

D’un côté, un discours triomphaliste, des images léchées, des slogans grandiloquents.

De l’autre, une réalité brutale : le football local a disparu de l’imaginaire collectif, y compris chez ceux qui vivent à deux pas des stades.

Et c’est précisément dans ce décalage — entre la narration officielle et le vécu réel — que s’inscrit ce post.

Parce que oui, je vais être honnête avec vous.

Moi aussi, j’y ai cru.

Quand Samuel Eto’o est arrivé à la tête de la FECAFOOT,

j’ai cru voir un séisme salutaire.

Le plus grand footballeur de notre histoire.

Une légende mondiale.

Un homme qui avait tout vu, tout gagné, tout vécu.

Il parlait avec assurance.

Avec autorité.

Avec cette voix de ceux qui ont connu les vestiaires du Barça, de l’Inter, de Chelsea.

Il promettait une révolution.

Un football camerounais moderne.

Respecté.

Rentable.

Aimé à nouveau par son peuple.

Et comme beaucoup, j’ai voulu croire — sincèrement —

qu’un grand joueur ferait un grand dirigeant.

Puis le temps est passé.

Et la réalité s’est installée.

Voici donc, avec lucidité et sans haine,

les 5 promesses auxquelles j’ai cru… avant que le terrain ne parle autrement.

1️⃣ « Je ferai du championnat camerounais une Bundesliga africaine »

C’était la promesse fondatrice.

Le rêve absolu.

Stades pleins.

Ambiance électrique.

Calendrier respecté.

Clubs solides.

Public fidèle.

La Bundesliga version camerounaise.

Aujourd’hui ?

Des stades vides.

Des finales qu’on tente de remplir avec des camions sillonnant les marchés populaires.

Une affluence artificielle.

Un championnat que même les Camerounais ne regardent plus.

J’y ai cru.

Mais le football sans public n’est pas un football vivant.

2️⃣ « Les plus grandes stars viendront jouer au Cameroun »

On nous a parlé de Messi.

De superstars.

De prestige international.

Avec nos stades flambant neufs,

on pensait voir le Cameroun redevenir une destination footballistique crédible.

Résultat ?

Aucune superstar.

Aucun match de prestige.

Aucune attraction internationale majeure.

Nos infrastructures sont là.

Mais le spectacle promis n’est jamais venu.

3️⃣ « La FECAFOOT aura enfin un siège digne de ce nom »

Le nouveau siège devait être inauguré en 2022.

Le gros œuvre était déjà fait par l’équipe précédente.

Trois ans plus tard…

Le siège attend toujours.

Comme une promesse figée dans le béton.

Comme un symbole d’élan interrompu.

Le football se gère aussi avec des institutions solides.

Pas avec des chantiers éternels.

4️⃣ « Les joueurs locaux vivront enfin dignement de leur métier »

On nous avait annoncé :

300 000 FCFA minimum de salaire.

Une révolution sociale pour les joueurs locaux.

Une reconnaissance de leur dignité.

Aujourd’hui ?

Les salaires stagnent autour de 100 000 FCFA.

À peine de quoi survivre.

Certainement pas de quoi construire une carrière.

J’y ai cru.

Parce qu’un ancien joueur ne devrait jamais oublier ceux qui jouent encore.

5️⃣ « Les sponsors reviendront massivement »

On promettait un effet Eto’o.

Un carnet d’adresses mondial.

Une FECAFOOT attractive pour les grandes marques.

La réalité ?

Aucun nouveau sponsor majeur.

Des partenaires historiques qui réduisent leurs engagements.

Une image institutionnelle encore instable.

Le mythe du carnet d’adresses n’a pas suffi.

BONUS : j’ai failli oublier le bus offert par One fey Sport

En conclusion :

Samuel Eto’o reste une icône du football africain.

Personne ne peut lui enlever cela.

Mais diriger une fédération

n’est pas gagner une Ligue des Champions.

👉 Le talent ne remplace pas la méthode.

👉 Le charisme ne remplace pas la structure.

👉 Le passé glorieux ne garantit pas l’avenir.

Je n’ai pas cessé d’aimer Samuel Eto’o.

Mais j’ai appris à distinguer :

le joueur exceptionnel

du dirigeant perfectible.

Et comme on dit souvent :

Qui aime bien, châtie bien.

Parce que le football camerounais mérite mieux que des promesses.

Il mérite des résultats durables.

Et parfois, la plus grande loyauté,

c’est de dire la vérité — même à ses idoles.

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