Un mouvement anti-homosexualité saisit le Conseil constitutionnel.
La campagne présidentielle camerounaise s’enrichit d’un nouveau front de polémique. Le mouvement « Débout contre la dépénalisation de l’homosexualité au Cameroun » a officiellement déposé, le 25 août dernier, une correspondance auprès du Conseil constitutionnel. Dans ce document, l’organisation exige le retrait des candidatures de Me Akere Tabeng Muna (Parti Univers), Hiram Samuel Iyodi (Front démocrate camerounais – FDC) et Paul Biya (RDPC).
Selon le mouvement, ces trois personnalités politiques « entretiennent ou soutiennent la promotion de l’homosexualité au Cameroun ». Les signataires de la requête s’appuient sur l’article 347 alinéa 1 du Code pénal, qui réprime les pratiques homosexuelles, ainsi que sur l’**article 53 de la Constitution du 18 janvier 1996, relatif à la moralité des candidats aux plus hautes fonctions de l’État.
La question de l’homosexualité, pénalement réprimée au Cameroun, s’invite donc dans la bataille électorale. En visant à la fois des figures de l’opposition et le président sortant Paul Biya, ce mouvement entend placer ce thème au cœur du débat. Pour ses membres, il s’agit de « défendre les valeurs traditionnelles et protéger la société camerounaise » contre ce qu’ils perçoivent comme des tentatives de légalisation.
Il reste désormais à savoir si le Conseil constitutionnel acceptera d’examiner cette demande et sur quelle base juridique elle pourrait prospérer. À ce stade, aucune réaction officielle n’a été enregistrée de la part des candidats visés.





