A quelques encablures de la célébration de la fête de la jeunesse au Cameroun, l’éditorialiste Eric Boniface Tchouakeu, fait un feedback sur les désillusions de la jeunesse camerounaise.
Le Cameroun célèbre le 11 février 2026 la 60ème édition de la fête nationale de sa jeunesse sous le thème : « Jeunesse au cœur des grandes espérances, pour un Cameroun uni, stable et prospère.» Cette thématique a été choisie en droite ligne avec le slogan de campagne de l’actuel Chef de l’Etat Paul Biya, 93 ans dont déjà 43 au pouvoir, à l’occasion du scrutin présidentiel du 12 octobre 2025, qui était : « Grandeur et espérance
On se souvient que dans sa profession de foi, et même lors de son discours de prestation de serment pour un 08ème mandat consécutif à la tête du pays le 06 novembre 2025, Paul Biya a indiqué que les jeunes et les femmes seront au cœur de son nouveau septennat.
Dans cette optique un fonds spécial pour le soutien de l’autonomisation économique des femmes et la promotion de l’emploi des jeunes qui sera pourvu à hauteur de 50 milliards de Fcfa, a été créé dans le budget de l’Etat de l’exercice 2026.
On attend encore l’opérationnalisation de ce fonds après le lancement du budget en cours d’exécution. S’agissant particulièrement des jeunes, un processus de contractualisation de trois mille instituteurs par l’Etat est en cours, ainsi que le recrutement de près de mille personnels dans le secteur de la santé dans la fonction publique.
On peut aussi mentionner la reprise des recrutements par voie de concours des élèves dans des Ecoles Normales Supérieures devant déboucher sur leur intégration directe dans la fonction publique, après une brève période de suspension.
Ces quelques initiatives d’emplois pour les jeunes, qui constituent davantage des actes de gestion courante, plutôt que des politiques révolutionnaires devant conduire au plein emploi de cette catégorie sociale ultra majoritaire au Cameroun, et affectée par le chômage et le sous-emploi chroniques, sont à peu près tout ce qu’on a enregistré au profit des jeunes, près de 100 jours après le début du nouveau mandat du Président Biya.
Les plus sévères dans l’analyse pourraient même affirmer, qu’il n’y a encore eu rien de nouveau sous le soleil au stade actuel, relativement à la promesse présidentielle à l’endroit des jeunes.
Certains s’attendent à ce que les véritables premiers signaux de cette volonté politique proclamée, soient visibles dès la formation du nouveau Gouvernement de l’après présidentielle, qui se fait malheureusement toujours attendre, alors même que Paul Biya avait annoncé sa mise sur pied « dans les prochains jours », lors de son message de vœux aux Camerounais le 31 décembre 2025.
Et pour une meilleure appréciation le moment venu, une clarification du vocable « jeunesse » au Cameroun s’impose au préalable afin d’éviter les confusions.
Est par exemple considéré comme « jeune » par le Ministère de la Jeunesse et de l’Education civique le citoyen dont l’âge est compris entre 15 et 35 ans, alors que sur le plan politique, Paul Biya avait lui-même indiqué dans l’un de ses traditionnels messages à ses jeunes compatriotes, comme il le fait les 10 février de chaque année, que la jeunesse va de 07 à 77 ans, et ce alors que l’âge moyen de départ à la retraite est de 60 ans.
Sur cette base, de nombreux citoyens ayant largement dépassé 35 ans se considèrent toujours comme jeunes ; un statut qui exclut pourtant en pratique la plus part d’entre eux des hautes sphères de décision au Cameroun.





