Mauvaise gouvernance universitaire et administrative : le Collectif d’Agents Publics Titulaires du Doctorat/PhD proteste.
En ce début officiel de campagne électorale pour l’élection présidentielle du 12 octobre prochain au Cameroun, ce Collectif interpelle les candidats en général, et le régime en place en particulier, sur un certain nombre de griefs susceptibles de compromettre la qualité de l’enseignement supérieur, ainsi que sur des manquements dans la gestion des ressources humaines de niveau Doctorat/PhD dans notre fonction publique. Il ne reste plus qu’à espérer que les acteurs politiques concernés prendront en compte ces préoccupations pertinentes et légitimes dans leur programme de gouvernance.
Le Collectif d’Agents Publics Titulaires du Doctorat/PhD au Cameroun dénonce la persistance d’actes alarmants de violation de l’éthique universitaire et de la valorisation insignifiante de ses membres dans leurs différentes administrations d’attache.
Malgré de multiples correspondances de revendications adressées aux autorités compétentes, ainsi qu’une pétition présentée en deux versions, l’une manuscrite et l’autre en ligne, des critères essentiels de l’intégrité du système académique et de la méritocratie dans les recrutements sont toujours ouvertement bafoués dans les universités publiques. Par ailleurs, le Collectif déplore le fait que, en dehors des institutions universitaires et de recherche, les besoins spécifiques et les potentialités des titulaires de Doctorat/PhD continuent d’être négligés dans les autres administrations publiques.
En rappel des principales déclinaisons récurrentes de ces griefs, nous relevons:
– l’exclusion injuste de nos membres des recrutements spéciaux d’enseignants-chercheurs dans les Universités d’État depuis la deuxième phase en 2020, parfois au mépris des dépenses effectuées pour y postuler, et en privilégiant certains candidats considérés sans emploi, pourtant employés dans le secteur privé;
– des dissimulations et annonces tardives des appels à candidatures et la non-publication transparente des résultats des recrutements dans les processus de remplacements numériques d’enseignants-chercheurs dans plusieurs institutions universitaires;
– la mise en avant absurde d’intérêts ethno-régionalistes nationaux dans la publication des résultats des recrutements spéciaux, au moment où certains pays comprennent qu’une ouverture aux ressources humaines au niveau international, est une exigence qualitative dans l’enseignement supérieur;
– la multiplication de postes d’enseignants vacataires, de moniteurs et d’attachés de recherche dans les Universités d’État, constituant pourtant une opportunité de recrutements d’agents publics ayant les profils appropriés avec une incidence budgétaire réduite;
– le flou entourant les profils de candidatures, parfois personnalisés pour correspondre à des thèmes de recherche précis ;
– la non prise en compte des profils souvent plus appropriés de certains agents publics titulaires du Doctorat/PhD, pour exercer comme enseignants-chercheurs dans les institutions universitaires de formation professionnelle;
– le vide juridique de la Loi d’Orientation de l’Enseignement Supérieur du 25 juillet 2023, qui n’a pas fait particulièrement cas de la possibilité de recrutements d’agents publics dans les institutions universitaires étatiques, en tant qu’enseignants-chercheurs associés ou permanents, en accord avec le Statut Spécial des Personnels de l’Enseignement Supérieur du 19 janvier 1993;
– la non-facilitation du droit au changement de corps prévu par l’article 15 alinéa 2 du Statut Général de la Fonction Publique de l’État ;
– la négligence des possibilités de recrutements des détenteurs de Doctorat/PhD sans emploi dans différentes administrations publiques autres que l’enseignement supérieur.
Le Collectif se félicite que des éminents universitaires camerounais aient récemment mis en lumière certaines insuffisances dans notre gouvernance universitaire, corroborant ainsi ces dénonciations, à la suite les mauvaises performances des candidats camerounais au concours d’agrégation du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES).
Face à cette situation, le Collectif réaffirme que ses membres sont à même de contribuer significativement à l’amélioration qualitative de l’enseignement supérieur et de la recherche, et à la performance des différentes administrations publiques pour un développement durable de notre pays. En restant ouvert au dialogue pour la satisfaction de ses doléances, il réitère son appel aux autorités compétentes :
– pour une cessation de toute forme d’exclusion ou de discrimination dans les recrutements universitaires, tout en garantissant l’application rigoureuse des règles de transparence, d’équité et de méritocratie dans les processus de sélection;
– pour des projections de reformes dans la fonction publique, permettant une prise en compte des profils et des besoins spécifiques des titulaires de Doctorat/PhD, pour une valorisation plus significative de leur statut dans les différentes administrations publiques.
Le Collectif entend poursuivre sa lutte pour une plus grande considération de ses membres, et pour l’application effective d’un système de recrutement dans les universités publiques qui soit plus juste, équitable, transparent, et fondé sur une réelle compétence académique. Dans les prochains jours, de nouvelles lettres de plaidoyer en faveur de notre cause seront adressées aux instances dirigeantes actuelles et potentielles.


Dr. Sandjong Sani



