C’est presque une crise au Front pour le Salut National du Cameroun (FSNC) d’Issa Tchiroma Bakary.
Par une décision datée du 11 août, l’ancien ministre a exclu définitivement sa secrétaire générale, Jeanne Nsoga, pour « faute très grave ». Jusqu’ici peu connue du grand public, cette dernière s’ést récemment affichée à plusieurs reprises aux côtés de Tchiroma, notamment depuis sa démission du gouvernement le 24 juin dernier. Au sein du parti, la direction se refuse à tout commentaire, un proche du président se limitant à dire : « C’est une longue histoire ».
Dans une lettre datée du 12 août, adressée au président national du FSNC et intitulée « Ma démission », Jeanne Nsoga a elle-même livré les raisons de son départ. Elle accuse Issa Tchiroma Bakary de ne pas l’avoir soutenue face aux accusations de tribalisme proférées par des partisans de Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC), récemment écarté de la course à la présidentielle. Selon elle, ces attaques étaient liées à ses prises de position en faveur de la restitution des terres des communautés autochtones, jadis accaparées par les miliciens de l’Armée de libération nationale du Cameroun, bras armé de l’UPC.
« Après avoir observé votre attitude face au cyberharcèlement dont je suis victime (…) j’ai décidé de vous informer de ma démission immédiate du FSNC », écrit-elle. Depuis plusieurs semaines, des voix internes et externes réclamaient son exclusion, ses anciennes déclarations jugées à connotation tribaliste refaisant surface.
Pour certains observateurs, cette éviction serait aussi liée à un possible rapprochement entre Issa Tchiroma et Maurice Kamto, dont la consigne de vote est attendue. Une hypothèse que Jeanne Nsoga évoque dans sa lettre : « Le doute qui s’est installé en moi ne me permet plus de cheminer à vos côtés ni de perturber par ma présence les nouvelles alliances que vous pourriez sceller. »





