Dans cette sortie de l’homme politique et universitaire, il est evident que la neutralisation de Maurice Kamto ne remplacera pa le besoin d’un véritable projet de société pour le Cameroun.
Il faut le dire avec clarté, avec hauteur, avec sens de l’État : tuer politiquement Maurice Kamto ne saurait constituer un programme politique. Ce n’est pas une vision. Ce n’est pas une ambition. Ce n’est pas une promesse pour la Nation. C’est, au contraire, la marque d’une inquiétante pauvreté stratégique : celle qui laisse entendre que, après lui, ce serait le chaos.
Or une République ne se construit jamais contre un homme.
Elle se construit pour un peuple. Dans l’histoire des nations, les grandes forces politiques ne se définissent pas par les adversaires qu’elles cherchent à abattre, mais par les horizons qu’elles ouvrent, par les institutions qu’elles consolident, par les espérances qu’elles rendent possibles.
J’ai 53 ans, depuis mes années d’études, je sais que la politique n’est pas l’art de détruire, mais l’art de élever. Penser que la démission d’un homme à la tête d’un parti politique suffirait à ouvrir de nouveaux horizons pour le Cameroun est une erreur de perspective.
C’est confondre l’écume avec la mer. C’est croire que la République se résume à des trajectoires individuelles, alors qu’elle repose sur des institutions, des principes, des responsabilités et une vision collective. La démocratie n’est pas un théâtre où l’on attend la chute d’un acteur pour que la pièce change. La démocratie est un chantier. Elle est un effort. Elle est une construction patiente, exigeante, qui ne dépend jamais d’un seul homme, ni d’un seul parti, ni d’un seul destin.
Ce qui manque au Cameroun aujourd’hui, ce n’est pas la disparition d’un leader. Ce qui manque, c’est une architecture politique capable de dépasser les querelles personnelles pour embrasser les défis du siècle : la modernisation de l’État, la refondation du pacte social, la lutte contre la corruption systémique, la restauration de la confiance publique, l’intégration des technologies du futur, la préparation de la relève générationnelle. Ce qui manque, c’est une vision qui ne se contente pas de dire : « Après nous, le déluge », mais qui affirme : « Après nous, il y aura une Nation debout. »
Car la République ne s’effondre pas lorsque des hommes s’en vont.
Elle s’effondre lorsque des institutions ne tiennent plus. Elle s’effondre lorsque la politique se réduit à des règlements de comptes. Elle s’effondre lorsque l’on confond l’adversaire avec l’ennemi. Le Cameroun n’a pas besoin d’une politique de l’élimination. Il a besoin d’une politique de l’élévation. Il a besoin d’une politique qui rassemble, qui inspire, qui prépare l’avenir.
Il a besoin d’une politique qui ne cherche pas à abattre un homme, mais à relever un pays.
Au risque de déplaire à beaucoup d’entre vous, la grandeur d’une Nation ne se mesure pas à la chute de ses adversaires, mais à la hauteur de ses projets. Oui, tenez-le pour dit, la République n’est forte que lorsqu’elle refuse la facilité des passions pour choisir la difficulté de la vision et pour cela l’opposition camerounaise et la vie politique camerounaise ont besoin de maurice kamto.
Le Cameroun mérite mieux que des stratégies de court terme.
Il mérite mieux que des calculs de couloirs.
Il mérite mieux que des victoires personnelles. Il mérite une politique qui regarde loin, qui regarde haut, qui regarde large.
Une politique qui ne se demande pas : « Qui doit tomber ? »
Mais : « Que devons-nous construire ? »
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