La retransmission du discours du Pape Léon XIV au Cameroun suscite une vive polémique au sein du paysage médiatique national. Sur le plateau d’Équinoxe TV, l’éditorialiste Edmond Kamguia a dénoncé une interruption suspecte des propos du souverain pontife sur les antennes de la CRTV. Entre embarras politique et divergences de diffusion avec la chaîne de la Présidence, cet incident interroge l’indépendance du service public.
Le passage du Pape Léon XIV au Cameroun, du 15 au 18 avril 2026, continue de faire des vagues dans les milieux de la communication. Si l’événement a été célébré pour sa portée spirituelle, sa gestion médiatique par les instances officielles alimente désormais le débat public. Au cœur de la controverse : une rupture de flux lors de la diffusion d’un discours pontifical jugé sensible par certains observateurs.

Une parole sous contrôle ?
Invité ce dimanche 19 avril à l’émission de débat Droit de Réponse sur Équinoxe TV, le journaliste et éditorialiste Edmond Kamguia a jeté un pavé dans la mare. Selon lui, les propos du Saint-Père auraient « embarrassé » l’appareil étatique de Yaoundé, entraînant une réaction immédiate des responsables du média de service public.
L’éditorialiste ne mâche pas ses mots : « Non seulement ce discours a embarrassé le régime, mais on a également constaté que, dans un média de service public […], la retransmission des propos du pape n’a pas été totale ni fidèle ». Pour Edmond Kamguia, le diagnostic est sans appel : si le direct a bien commencé, l’antenne a rapidement été amputée de segments clés. « Très vite, on a eu le sentiment qu’elle avait été censurée », a-t-il précisé face aux panélistes.
Le paradoxe CRTV vs PRC TV
Cette situation soulève une interrogation majeure sur la coordination de la communication gouvernementale. Le concept de « censure » s’explique souvent, en sociologie des médias, par la volonté de protéger l’image de l’institution dominante. Pourtant, Edmond Kamguia relève une contradiction technique et politique flagrante.
« Cette même intervention était relayée ailleurs, dans d’autres médias, y compris sur la chaîne de la Présidence de la République, PRC TV », souligne le journaliste. Ce décalage entre la chaîne de la présidence (PRC TV), restée fidèle au signal intégral, et la télévision nationale (CRTV) interroge. « On ne comprend donc pas pourquoi la CRTV s’est permis de ne pas laisser le pape s’exprimer librement », s’étonne l’éditorialiste.





