« Le Cameroun taxe les projets avant même leur naissance »

Dans cette tribune, le journaliste Charles Chacot Chime s’insurge avec la dernière énergie la fiscalité au Cameroun qui est une entrave à la venue des investisseurs. 

« ATTRACTIVITÉ ÉCONOMIQUE : LE PARADOXE CAMEROUNAIS

Enfin une bonne nouvelle pour les investisseurs étrangers ! Le Cameroun a trouvé la formule magique pour accélérer l’industrialisation : taxer les projets avant même qu’ils n’existent.

Pourquoi attendre qu’une entreprise ouvre ses portes, crée des emplois, transforme des matières premières locales, paie ses salaires et génère des bénéfices ? Quelle perte de temps !

Désormais, à peine votre dossier déposé, le comité d’accueil est déjà là. Pas avec du champagne, ni un guichet unique, encore moins un accompagnement administratif. Non. Ici, l’innovation institutionnelle a un nom : le redressement fiscal préventif.

Selon les propos récemment attribués au DG de la CNPS, des investisseurs prêts à injecter plusieurs milliards dans la transformation locale auraient reçu une facture de 5 milliards FCFA avant même d’avoir ouvert un bureau. Une performance bureaucratique qui mérite sans doute une distinction continentale.

Dans d’autres pays, on déroule le tapis rouge aux industriels. Chez nous, on déroule le rôle d’imposition. On braque les investisseurs. On les effraie.

Chez eux, on demande : « Combien d’emplois allez-vous créer ? »
Chez nous : « Avant tout, combien pouvez-vous payer ? »
On nous parle de transformation locale. Très bien. Mais peut-être avons-nous mal compris : il ne s’agissait pas de transformer le cacao, le bois ou le coton… il s’agissait surtout de transformer l’investisseur en contribuable avant même qu’il ne devienne entrepreneur.

Et puis, reconnaissons-le : quel pays peut se vanter d’avoir des services fiscaux si performants qu’ils savent déjà combien vous devez… avant même que vous ne commenciez à travailler ? Voilà une administration visionnaire. L’intelligence artificielle avant l’heure.

Après cela, certains s’étonnent que les usines ne poussent pas, que les jeunes cherchent ailleurs, ou que les milliards annoncés restent dans les conférences au lieu d’atterrir dans les zones industrielles.

Mais rassurons-nous. Nous continuerons à organiser de grands colloques sur « l’attractivité économique », avec badges, kakémonos et petits fours, pendant que les investisseurs apprennent une règle simple du marché local : ici, on peut mourir d’un impôt avant même d’avoir vécu d’un bénéfice.

Si tout cela est exact, alors il faut avoir le courage de poser la question qui dérange : voulons-nous vraiment industrialiser le Cameroun, ou voulons-nous seulement fiscaliser l’intention d’investir ?

Un autre Cameroun est possible »

 

 

 

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