Une intrusion inédite a secoué la CRTV. Un individu a tenté de faire diffuser de faux décrets présidentiels nommant un vice-président et un nouveau gouvernement. Grâce à la vigilance des cadres de la maison, ce scénario catastrophe a été évité. L’enquête devra désormais déterminer les ramifications d’une opération aux allures de coup d’État institutionnel sous cape.
L’affaire Johann Adriel Sitchom Kuate, arrêté après avoir tenté d’imposer la lecture de faux décrets à la télévision nationale, continue de susciter l’émoi. Si l’individu est actuellement en exploitation, le sérieux de la manœuvre laisse perplexe. Comment un simple citoyen a-t-il pu penser, même un instant, pouvoir injecter de tels bouleversements institutionnels dans le journal de 17h sans passer par les canaux officiels ?
Au-delà de l’imposture, c’est le protocole de la maison qui a été mis à rude épreuve. La vigilance des responsables a permis de neutraliser ce qui aurait pu être un séisme politique majeur.
Le récit de Polycarpe Essomba
Pour mieux comprendre l’ampleur de la menace, voici le récit de l’affaire tel que rapporté par le journaliste Polycarpe Essomba :
« On a frôlé la catastrophe institutionnelle. Il y a une semaine, un quidam se ramène à la CRTV. Très sérieux, il est porteur d’un document qu’il dit de la première importance, venu du saint cénacle d’Etoudi. Le document, insiste-t-il, doit être lu comme à l’habitude à la radio, dans le journal parlé de 17h. Charles NDONGO, le patron de l’Office est absent. Il revient à Aimé Robert BIHINA, l’un des cadres de la maison, de procéder aux diligences. Le document sous pli fermé qu’il découvre a toutes les apparences d’un authentique : les sceaux connus de la présidence de la République et la signature du Chef de l’État. Deux textes. L’un porte nomination du Vice–Président et l’autre porte sur la nouvelle équipe gouvernementale. Aimé Robert, en journaliste expérimenté, rompu aux usages en la matière, est quand même habité par un doute. Il décharge le document mais s’empresse de s’enquérir auprès de sa hiérarchie de la démarche à tenir. Une circonscription que partagera plus tard Charles NDONGO qui à son tour joint Genève. Le document prétendument issu du Cabinet Civil va s’avérer être un faux authentique. Un fake… Le quidam est depuis aux arrêts et en exploitation. Imaginons un instant que ces documents aient été lus ! La pagaille que cela aurait provoqué au cœur du système et des institutions ? N’était-ce pas là un projet de coup d’État en douce ? »
Une enquête sous haute tension
Si la tentative a échoué, elle soulève des questions sécuritaires légitimes. Comment des sceaux officiels ont-ils pu être reproduits avec une telle précision ? Le suspect a-t-il bénéficié de complicités au sein de l’appareil d’État ?
L’enquête en cours devra impérativement faire toute la lumière sur cette audacieuse entreprise de manipulation. En attendant les conclusions des services de sécurité, cet incident constitue une piqûre de rappel brutale sur la nécessité d’une vigilance accrue, même face à l’apparence la plus officielle, dans une période où la stabilité des institutions demeure le socle indispensable à la paix nationale.





