Le professeur Mathias Eric Owona Nguini a réaffirmé son opposition frontale à la gestion de la Fédération camerounaise de football. Sur le plateau d’Info TV, l’universitaire dénonce un bilan inexistant, pointe des risques de corruption liés aux paris sportifs et exclut toute réconciliation avec le président de l’instance, qu’il accuse de mener le football national vers l’impasse.
La « hache de guerre » reste déterrée. Pour le professeur Mathias Eric Owona Nguini, le conflit qui l’oppose au président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), Samuel Eto’o Fils, est plus profond que jamais. Invité ce dimanche sur le plateau de l’émission «Libre Expression» sur Info TV, l’analyste politique a livré une charge virulente contre la gouvernance actuelle du football camerounais.
« L’erreur fondamentale »
Pour l’universitaire, le retour de l’ancien capitaine des Lions Indomptables à la tête de la fédération est une « erreur fondamentale ». S’appuyant sur les résultats récents et le climat autour de la sélection nationale, il dénonce un sabotage systématique du travail de l’actuel sélectionneur, Marc Brys. « Sous Rigobert Song, il y a eu zéro incident. Sous Marc Brys, il y a eu 16 incidents sur 17 matchs. Vous dites que ce n’est pas du sabotage ? », a-t-il interrogé, récusant toute tentative de dissocier la gestion fédérale des performances sportives de l’équipe fanion.
Un bilan contesté et une éthique interrogée
Au-delà des résultats, Mathias Eric Owona Nguini s’attaque à la méthode Eto’o. Il déplore l’usage constant de son passé glorieux de footballeur pour éluder le bilan du premier mandat à la tête de la Fecafoot, qu’il qualifie d’« inexistant ».
Le professeur a également soulevé une question d’éthique préoccupante concernant les partenariats noués entre la Fecafoot et les opérateurs de paris sportifs. Pour lui, cette promiscuité est dangereuse pour l’intégrité des compétitions : « La Fecafoot ne peut pas gérer des compétitions sportives et avoir des partenariats avec des sociétés de paris sportifs. Ça va vous fausser. » Selon lui, ces liens créent un terreau propice à la spéculation et, in fine, à la corruption des matchs.
Aucune issue de secours
Face à ce qu’il nomme « une mise à sac du football camerounais », le professeur demeure inflexible. « On ne fait pas de compromis avec la nullité », a-t-il tranché, excluant toute possibilité de réconciliation tant que Samuel Eto’o occupera le siège de président.
Alors que le football camerounais traverse une période de turbulences marquée par des tensions institutionnelles persistantes, cette sortie d’Owona Nguini confirme que la fracture au sommet de notre discipline reine est loin d’être refermée. Une situation qui, hélas, continue d’occulter les véritables défis du développement de notre sport roi.





