La compagnie nationale Camair-Co a clôturé l’exercice 2025 avec une perte nette de 4,65 milliards de FCFA. Si ce résultat marque une amélioration de 15,5 % par rapport à l’année précédente, la compagnie demeure structurellement déficitaire. Entre restructuration financière, poids de la dette et critiques récurrentes sur l’efficacité des subventions publiques, l’Étoile du Cameroun cherche toujours sa trajectoire vers la rentabilité.
L’exercice 2025 laisse apparaître une lueur d’espoir dans le ciel tourmenté de Camair-Co. Grâce à une dynamique commerciale plus vigoureuse et une hausse notable du trafic aérien, les pertes opérationnelles se contractent. Toutefois, cette embellie est tempérée par une réalité comptable implacable : le passif historique et les frais financiers continuent de peser lourdement sur la trésorerie, empêchant la compagnie de décoller véritablement.
Pour rompre avec ces années de turbulences financières, la direction a acté, fin 2025, une restructuration majeure de son capital. Réduit à 21,7 milliards de FCFA, ce « nettoyage » des comptes se veut le socle d’un plan d’investissement stratégique de 94,5 milliards de FCFA prévu d’ici 2028. L’objectif est clair : moderniser la flotte et redéployer des lignes régionales à fort potentiel.
Le débat sur l’efficacité des deniers publics
Cependant, ces chiffres réaniment un débat de fond sur la gestion des entreprises du portefeuille public au Cameroun. L’analyse pointe du doigt un paradoxe persistant : comment justifier le maintien de subventions massives pour des entités qui peinent à présenter un modèle économique viable ?
La question des performances sociales et de la masse salariale revient également au centre des préoccupations. À l’heure où les ressources budgétaires sont sous tension, la gestion de Camair-Co, tout comme celle d’autres structures sous perfusion étatique telles qu’Alucam, soulève des interrogations légitimes. Le passage aux « contrats de performance », promis par le gouvernement, peine à convaincre les observateurs économiques qui réclament désormais une rigueur de gestion comparable aux standards du secteur privé.
Vers une autonomie enfin réelle ?
Le défi pour Camair-Co n’est plus seulement technique ou commercial ; il est désormais une exigence de crédibilité face aux contribuables camerounais. Si le plan d’investissement 2024-2028 peut transformer l’outil de production, il ne garantira la pérennité de l’entreprise que s’il s’accompagne d’une rupture définitive avec les pratiques de gestion antérieures. La compagnie nationale ne pourra pas éternellement se contenter de réduire ses pertes : elle doit, à court terme, prouver qu’elle peut enfin générer de la valeur.





