Le ministère de la Santé publique a dévoilé les résultats de l’enquête CAMPHIA 2024-2025 : 501 000 personnes vivent avec le VIH au Cameroun, avec une prévalence marquée chez les jeunes. Face à ce constat, les autorités sanitaires annoncent une intensification massive du dépistage et des actions communautaires pour briser le cycle des contaminations et lever les barrières liées à la stigmatisation.
Les chiffres sont tombés, offrant une cartographie précise de l’épidémie dans nos dix régions. Avec 21 000 nouvelles infections enregistrées chaque année chez les adultes, le pays doit ajuster sa stratégie de lutte. Selon le Dr Manaouda Malachie, ministre de la Santé publique, la priorité est désormais de normaliser la connaissance de son statut sérologique. Pour beaucoup, la peur du regard social reste le premier frein au dépistage précoce.
Un virage stratégique
L’enquête, réalisée auprès de 15 000 ménages avec le soutien technique et financier des États-Unis, révèle que si des progrès notables ont été accomplis en matière de traitement, le défi de la prévention reste entier. Le gouvernement ne compte pas en rester là : le dépistage sera décentralisé et les approches de terrain renforcées pour toucher les populations les plus vulnérables.
L’enjeu est autant médical que sociétal. En s’appuyant sur ces nouvelles données, le ministère entend affiner les politiques publiques pour mieux répondre aux réalités des jeunes, qui constituent la tranche la plus touchée par le virus. Dans un pays où la santé publique demeure une priorité nationale, la réussite de ce nouveau plan dépendra de notre capacité collective à transformer ces statistiques en une riposte efficace, débarrassée du poids des préjugés.





