La légitimité de Maurice Kamto à la présidence du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) est au cœur d’une bataille judiciaire. Ce jeudi 9 juillet, le Tribunal de première instance d’Ekounou doit se pencher sur les requêtes de trois militants contestant le retour de l’opposant à la tête du parti, alors qu’une exclusion disciplinaire vient de fragiliser le front des contestataires.
Le climat est électrique au siège du MRC. Alors que le parti se prépare à affronter des échéances électorales cruciales, trois de ses membres ont décidé de porter la discorde devant la barre du Tribunal de première instance d’Ekounou, à Yaoundé. Au cœur de leur action : la légitimité juridique du retour de Maurice Kamto à la présidence de la formation politique.
Les plaignants rappellent un épisode charnière : la démission de Maurice Kamto en juin 2025 pour rejoindre le Manidem, en vue de la présidentielle d’octobre 2025. Selon les contestataires, le Directoire du parti a failli à ses obligations statutaires en ne constatant pas officiellement cette démission, ni en organisant la vacance du poste dans le délai réglementaire de 60 jours. Pour eux, ce vide juridique rend le retour de l’opposant en décembre 2025 caduc.
« Le MRC a peu de chances de se qualifier aux prochaines élections locales au regard de ces violations de textes », martèle Willy Mengue, l’un des figures de proue de cette fronde.
La riposte du Directoire
Face à cette offensive, la réaction du parti a été immédiate et radicale. Le 8 juillet, le MRC a annoncé l’exclusion définitive de Willy Mengue, précisant que cette décision, actée le 29 juin, est antérieure à l’assignation en référé. Roger Noah, secrétaire national à la communication, a confirmé que les avocats du parti seront présents à l’audience de ce jeudi pour répondre sur le fond.
Si le MRC affiche sa sérénité et sa volonté de défendre la régularité de son fonctionnement interne, cette affaire marque une cassure profonde au sein du principal parti d’opposition. L’audience de ce jour sera déterminante : le juge devra non seulement statuer sur la validité du leadership actuel, mais aussi sur l’impact de l’exclusion de M. Mengue sur la recevabilité même de la procédure engagée. Le verdict qui sortira d’Ekounou pourrait bien redessiner le paysage politique interne du parti.





