Le couperet est tombé pour Willy Mengue. Réuni le 7 juillet à Yaoundé, le Directoire du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun a officialisé l’exclusion définitive de ce militant pour « trahison » et insubordination. Une décision radicale qui survient en pleine bataille judiciaire opposant plusieurs cadres à la direction actuelle du parti, alors qu’une audience décisive est attendue ce jeudi devant le tribunal.
Le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) a tranché. À l’issue de sa première session du mois, le Directoire du parti de Maurice Kamto a entériné l’exclusion définitive de Willy Mengue. La décision, actée le 7 juillet, s’appuie sur un dossier disciplinaire lourd, visant des actes qualifiés de « trahison », de « violation répétée des textes » et de « manque de loyauté » envers les instances dirigeantes.
Les racines de la rupture
Le litige, porté devant le Comité national de médiation et d’arbitrage (CNMA) par Joseph Taffo, met en lumière une rupture profonde. Willy Mengue s’était illustré par des sorties médiatiques virulentes, allant jusqu’à contester la légitimité de Maurice Kamto à la tête du parti. Il avait notamment théorisé l’existence de deux MRC, qualifiant la direction actuelle de branche « in vitro » confisquée.
Parmi les griefs retenus contre lui figure également son soutien public à la modification de la Constitution pour l’instauration d’un poste de vice-président, une position en totale contradiction avec la ligne politique officielle du parti. Le CNMA souligne par ailleurs que le mis en cause, bien que dûment notifié de la plainte, a fait le choix de ne présenter aucun moyen de défense.
Un impact juridique incertain
Cette exclusion intervient dans un climat de tension extrême. Willy Mengue, accompagné de deux autres militants, Laure Noutchang et Mballa Sébastien, avait en effet déposé des référés d’heure à heure devant le Tribunal de première instance d’Ekounou contre le président du parti.
Alors que la justice doit statuer sur cette affaire ce jeudi 9 juillet 2026, la perte du statut de militant de l’un des principaux requérants soulève des interrogations sur la recevabilité et la suite de la procédure judiciaire. Le MRC, par cet acte disciplinaire fort, affiche sa volonté de reprendre en main sa discipline interne à l’approche de échéances politiques majeures.





