Côte d’Ivoire: Abidjan mobilise 80 milliards de dollars pour accélérer son développement d’ici 2030

Au cœur de la capitale ivoirienne, la Côte d’Ivoire a dévoilé un nouvel ambition économique quinquennal, avec le lancement du Plan national de développement 2026-2030, grâce auquel elle mise sur la mobilisation d’investissements colossaux et sur la   transformation du pays en l’une des principales puissances économiques émergentes d’Afrique.

 

Lors de la conférence du « Groupe consultatif sur le financement du Plan national de développement 2026-2030 », le gouvernement ivoirien a annoncé des engagements financiers internationaux d’un montant d’environ 80 milliards de dollars, avec la participation de grandes institutions financières internationales, parmi lesquelles la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, la Banque islamique de développement et l’Union européenne, ainsi que des représentants du secteur privé local et international.

La valeur des engagements annoncés dépasse de quatre fois le déficit de financement que la Côte d’Ivoire cherchait à combler, estimé à environ 20,3 milliards de dollars, ce que le gouvernement a considéré comme un signe de la confiance internationale dans l’économie ivoirienne et son parcours de développement.

De la reprise à la transformation économique.

Le ministre ivoirien de la Planification et du Développement, Souleymane Dirasoba, a déclaré que le plan 2026-2030 ne marque pas seulement le début d’une nouvelle voie, mais s’inscrit dans le prolongement d’une politique de développement lancée en 2012, après des années de troubles politiques et sécuritaires.

Il a précisé que l’objectif principal consistait à poursuivre la transformation structurelle de l’économie et à consolider les acquis sociaux, afin que la Côte d’Ivoire devienne un pays à revenu intermédiaire supérieur d’ici 2030.

Ce plan s’appuie sur des secteurs stratégiques tels que l’éducation, les infrastructures, la lutte contre la pauvreté et le développement des filières de production locales, en particulier le secteur du cacao, qui constitue l’un des piliers de l’économie ivoirienne, ainsi que sur le renforcement de la capacité du pays à faire face aux répercussions des crises mondiales et du changement climatique.

209 milliards de dollars pour une nouvelle feuille de route

De son côté, le vice-président ivoirien Timoko Millier Koné, lors de la présentation du plan au nom du président Alassane Ouattara, a souligné que le nouveau programme de développement visait à atteindre un taux de croissance annuel moyen de 7,2 % entre 2026 et 2030.

Il a précisé que le coût total des investissements prévus s’élève à 209 milliards de dollars, dont la majeure partie proviendra du secteur privé, qui devrait apporter environ 146,9 milliards de dollars, soit 70,2 % du financement total, contre une contribution publique d’environ 29,8 %.

Il a ajouté que le plan repose sur quatre axes principaux : soutenir la croissance économique, renforcer la stabilité, offrir une vision claire aux investisseurs et améliorer la capacité de l’économie à s’adapter aux changements.

La Banque islamique de développement soutient des projets stratégiques.

La conférence a également mis en lumière l’engagement de la Côte d’Ivoire dans l’initiative « Mission 300 », portée conjointement par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. Ce programme ambitionne de fournir un accès à l’électricité à 300 millions de personnes en Afrique subsaharienne d’ici à 2030.

À travers ces différents projets, les autorités ivoiriennes entendent accélérer la transformation structurelle de l’économie. L’objectif est de renforcer les capacités énergétiques du pays, de favoriser le développement de l’industrie locale et de promouvoir la transformation des matières premières, en particulier agricoles, afin de générer davantage de valeur ajoutée. Cette stratégie devrait également contribuer à la création d’emplois, tout en améliorant les services d’approvisionnement en eau potable et d’assainissement.

Une économie en plein essor après une décennie de stabilité

Cette nouvelle feuille de route intervient plus d’une décennie après la sortie de la Côte d’Ivoire de la crise politique qui a secoué le pays entre 2010 et 2011, à la suite de l’élection présidentielle de l’époque.

Depuis 2012, le pays a connu une période de stabilité politique et de croissance économique soutenue. L’économie ivoirienne a enregistré un taux de croissance moyen supérieur à 6 % au cours des dernières années, tout en réduisant son déficit budgétaire et en maintenant l’inflation sous contrôle.

Ces performances ont conduit le Fonds monétaire international (FMI) à classer la Côte d’Ivoire parmi les pays présentant un faible risque de surendettement, faisant d’elle l’une des économies les plus stables d’Afrique subsaharienne.

À travers ce plan de développement de 209 milliards de dollars, Abidjan entend désormais franchir une nouvelle étape : passer d’une phase de croissance rapide à une transformation économique en profondeur, avec l’ambition de consolider son statut de principal pôle économique en Afrique de l’Ouest.

 

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