Près de six semaines après le départ de Paul Biya pour un séjour privé en Europe, l’Union démocratique du Cameroun (UDC) relance le débat sur la continuité de l’État.
Dans une déclaration publiée le 18 juillet 2026, le parti dirigé par Hermine Patricia Tomaino Ndam Njoya estime qu’il est désormais urgent de rendre pleinement opérationnelle la fonction de vice-président de la République, créée lors de la récente révision constitutionnelle.
L’UDC prend toutefois soin de préciser que le séjour du chef de l’État à l’étranger ne constitue pas, sur le plan juridique, une vacance du pouvoir. Le parti insiste néanmoins sur le fait que l’absence prolongée du président, combinée au manque de communication officielle sur l’exercice quotidien du pouvoir, alimente les interrogations de l’opinion publique et entretient les spéculations.
Pour cette formation politique, le véritable problème réside moins dans le déplacement de Paul Biya que dans l’absence d’un mécanisme visible garantissant la continuité de l’État. D’où son appel à la nomination rapide d’un vice-président, une fonction réintroduite dans la Constitution en avril 2026 mais qui, plusieurs mois plus tard, demeure toujours sans titulaire.
Selon l’UDC, cette situation crée un paradoxe. La réforme constitutionnelle avait été présentée comme un moyen de renforcer la stabilité des institutions en cas de décès, de démission ou d’empêchement définitif du président de la République. Or, tant que le poste reste vacant, ce nouveau dispositif ne peut produire les effets attendus.
Le parti rappelle également que la nomination d’un vice-président ne signifierait pas automatiquement un transfert des pouvoirs présidentiels pendant les séjours du chef de l’État à l’étranger. En l’état actuel des textes, une telle intervention nécessiterait une délégation expresse du président de la République. C’est pourquoi l’UDC plaide également pour un meilleur encadrement des absences présidentielles et une plus grande transparence sur le fonctionnement des institutions.
Dans sa déclaration, la formation politique formule cinq principales propositions : fixer des règles claires concernant les absences prolongées du chef de l’État, informer régulièrement le Parlement et les citoyens sur la continuité des activités présidentielles, prévoir une délégation officielle de certaines compétences lorsque cela s’avère nécessaire, instaurer une procédure impartiale pour constater un éventuel empêchement et renforcer les mécanismes destinés à éviter tout blocage institutionnel.
« Nous ne cherchons pas à transformer ce séjour en crise politique », souligne en substance l’UDC, qui estime toutefois que le silence des institutions laisse le champ libre aux rumeurs et contribue à fragiliser la confiance des Camerounais.
Alors que les spéculations se multiplient autour de l’identité du futur vice-président, aucune nomination n’a encore été annoncée. Pour l’UDC, il est désormais temps que cette fonction, créée pour garantir la stabilité de l’État, cesse d’exister uniquement sur le papier et devienne une réalité institutionnelle.





