Dans cette sortie du journaliste Georges Dougueli, expert de la scène politique camerounaise, mettre son espoir sur de changement sur une seule figure politique fragilise l’opposition.
BON VENT AU Pr MAURICE KAMTO
Sa position était devenue intenable, il a donc démissionné de la présidence du MRC dans l’intérêt du parti. Je salue l’élégance de sa sortie de scène et m’incline devant son œuvre et la détermination avec laquelle il a incarné les forces du changement. Cependant, ce départ signe un échec, un de plus, non pas d’un seul homme, fut-il le leader mais la défaite de tous ceux qui ont cheminé à ses côtés ou partagé ses combats. Cela étant, ne lui jetons pas plus la pierre que l’encens. Il ne nous reste plus qu’à tirer de cet échec des enseignements pour l’avenir :
1-Le messianisme est une impasse. Il n’y a pas de leader infaillible. Il est nécessaire de cultiver le goût du débat contradictoire dans la vie interne des partis pour éviter qu’un seul ne décide de l’avenir de tous.
2-Il faut savoir reconnaître ses erreurs. Le boycott des élections législatives fut une erreur stratégique majeure. Cette décision a offert à l’oligarchie impopulaire et fraudeuse de Yaoundé une opportunité légale d’éliminer son pire ennemi. Ce n’est pas une faiblesse que de l’admettre.
3- Tout parti politique devrait former ses cadres qui, eux-mêmes, formeront la base. Cette formation devrait avoir pour but non pas d’endoctriner mais d’aider les militants à réfléchir pour décider par eux-mêmes, en citoyens éclairés.
4- Il faut savoir s’entourer. Fuir les hypocrites qui vous font croire que vous avez toujours raison, que vous transformez en or tout ce que vous touchez.
5- Tout leader qui ambitionne de gouverner le Cameroun doit rassembler plutôt que cliver. Il doit proscrire les discours communautaristes dans ses rangs. Ces envolées revanchardes n’ont pour effet que de fracturer la société en minorités impuissantes. Et c’est là le secret du « succès » de ce régime «éternitaire». Retenons définitivement que l’oligarchie serait incapable de dominer la société si elle ne parvenait à diviser le peuple. L’avenir de ce pays s’écrira avec, à sa tête, un leader transethnique.





