Jean Ediegnie dans cette sortie s’adresse au président de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot) concernant la gestion de 229 millions de FCFA de l’ancien lion indomptable Jean Manga Onguéné.
Monsieur le Président, cher Samuel, mon Grand 9,
Aujourd’hui, je voudrais vous parler sans ironie, sans provocation et sans cette casquette de conseiller spécial Facebook que mes petits amis Églisiens me connaissent.
Je voudrais simplement vous parler en tant que Camerounais, amoureux du football et profondément attaché à la mémoire de ceux qui ont écrit les premières grandes pages de notre histoire sportive.
Samuel, qu’avons-nous fait de Jean Manga Onguéné ?
Oui, Jean Manga Onguéné !
Notre « Tête d’or » !
Notre « Jean Mony » !
L’un des premiers Camerounais à avoir remporté le prestigieux Ballon d’or africain, en 1980.
L’enfant du Canon de Yaoundé. L’ancien capitaine des Lions Indomptables. L’homme qui, après avoir servi son pays sur les terrains, a continué à le servir comme entraîneur, formateur et Directeur technique national.
Cet homme-là méritait-il de terminer son parcours terrestre avec un contentieux financier aussi douloureux contre la fédération à laquelle il avait consacré une partie de sa vie ?
Monsieur le Président, pourquoi ?
Pourquoi cette affaire des 229 425 000 FCFA, montant attribué à une sentence du Tribunal arbitral du sport rendue en avril 2023, n’a-t-elle pas trouvé une issue claire, digne et publiquement vérifiable du vivant de cette légende ?
SAMUEL, ON N’HÉRITE PAS SEULEMENT DU FAUTEUIL !
J’ai lu hier matin une réflexion particulièrement pertinente de notre confrère Alain Denis Ikoul, dans Le 7H20 de CFOOT.
Il rappelle une évidence que certains de vos plus fervents défenseurs semblent avoir oubliée : les pouvoirs d’une institution ne se transmettent pas séparément de ses obligations.
Lorsque vous êtes arrivé à la présidence de la FECAFOOT en décembre 2021, vous avez hérité d’une institution.
Vous avez hérité de son siège, de ses installations, de ses ressources, de ses prérogatives, de ses contrats et de son prestige.
Vous avez également hérité de ses difficultés, de ses engagements et de ses contentieux.
C’est cela, la continuité institutionnelle !
Vous n’avez pas refusé cet héritage parce qu’il provenait de vos prédécesseurs !
Alors pourquoi certains de vos défenseurs voudraient-ils vous exonérer des obligations financières héritées de ces mêmes prédécesseurs ?
On ne peut pas hériter de l’actif d’une institution et renier son passif !
Et surtout, Samuel, vous étiez vous-même footballeur !
Nous pensions qu’avec un ancien Lion Indomptable à la tête de la FECAFOOT, nos anciennes gloires seraient mieux considérées.
Mais voilà qu’une légende comme Manga Onguéné se retrouve au cœur d’un litige aussi douloureux !
Lorsque sa santé se dégradait, n’était-il pas possible de rechercher une solution humaine et digne ?
Fallait-il vraiment attendre que notre Tête d’or nous quitte pour que nous nous interrogions sur le sort de cette créance ?
Je ne prétends pas connaître tous les détails des négociations. Mais une sentence du TAS aurait été rendue en avril 2023, alors que vous étiez déjà président.
Samuel, où en est exactement son exécution ?
Aujourd’hui, je vous demande un geste de vérité et de grandeur : clarifiez publiquement cette affaire et faites tout ce qui relève de vos responsabilités pour qu’elle trouve une issue juste auprès de ses ayants droit.
Et si votre présidence ne peut plus incarner cette solidarité entre générations de footballeurs, alors la question de votre démission mérite d’être posée.
Car personne n’est indispensable à la tête de la FECAFOOT.
Pas même Samuel Eto’o !
La mémoire de Jean Manga Onguéné mérite mieux que des affrontements entre Églisiens et Hiboux.
Monsieur le Président, Samuel Eto’o Fils, il est encore temps de faire ce qui est juste pour honorer un homme qui a tant donné au Cameroun.
Repose en paix, Jean Manga Onguéné.
Le football camerounais te doit une reconnaissance éternelle.
Jean Ediegnie III





