Le procès de l’assassinat de l’animateur Martinez Zogo a connu un tournant majeur au tribunal militaire de Yaoundé. L’expert en cybercriminalité Jean-Pierre Eloumou a révélé que la victime entretenait des relations suivies avec Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, et Oswald Baboke, directeur adjoint du cabinet civil, alimentant ces derniers en dossiers sur Jean-Pierre Amougou Belinga.
L’audience des 22 et 23 juin 2026 a braqué les projecteurs sur les hautes sphères de l’État. Selon le témoignage de l’expert Jean-Pierre Eloumou, Martinez Zogo agissait comme un informateur régulier de Ferdinand Ngoh Ngoh et d’Oswald Baboke, deux des personnalités les plus influentes du pays. Ces échanges portaient notamment sur des accusations de détournements de fonds visant l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, lui-même accusé dans ce dossier.
Une expertise sous haute tension
Si ces révélations n’établissent pas de lien direct avec l’assassinat, elles renforcent les théories sur une guerre de clans au cœur du pouvoir. Toutefois, la déposition a suscité une vive controverse. Les avocats des ayants droit, dont Me Calvin Job, ont dénoncé une « mission » de diversion visant à dédouaner les principaux accusés, tels que Jean-Pierre Amougou Belinga et Maxime Eko Eko.
À l’inverse, la défense de Jean-Pierre Amougou Belinga, portée par l’ancien bâtonnier Charles Tchoungang, voit dans ces éléments un tournant décisif en faveur de son client. Face aux doutes persistants sur l’impartialité de l’expertise, le tribunal a renvoyé l’affaire aux 13 et 14 juillet prochains pour poursuivre le contre-interrogatoire d’un témoin dont la crédibilité est désormais au centre des débats.




