Anicet Siesther Essiane : Comment j’ai failli perdre mon pied pour la deuxième fois !

Le récit glaçant d’effroi du jeune journaliste de la Crtv après son passage à l’Hôpital Régional d’Ebolowa (Ekombité) : << Je me réserve d’intenter une action judiciaire à l’encontre de cet hôpital >>  non sans évoquer la négligence du personnel et  les soins approximatifs pas du tout appropriés qui ont failli emporter son pied gauche.

Bonjour Dp,

Je suis Anicet Siesther Essiane de Crtv-sud. Je souhaite si possible que vous me fassiez un article sur ce sujet. Il s’agit de mon cas personnel. Suite à un accident de la circulation que j’ai eu le 7 août dernier, J’ai aussitôt été interné à l’Hôpital Régional d’Ebolowa ( Ekombité). Dans la prise en charge immédiate j’ai été suivi par les infirmiers et le médecin qui étaient de garde car je suis arrivé à l’hôpital vers 21h un samedi. J’ai immédiatement reçu les antidouleurs mais personne n’a touché ma cuisse accidentée.

Le lendemain c’est à dire dimanche 8 août 2021, on m’a fait savoir que je devais faire une radio mais que la radiologie était fermée les dimanches (pas de responsable). Je vais alors passer une autre nuit sans savoir l’ampleur de mon choc mais je vais tout de même quitter les urgences pour la chirurgie. Le lundi suivant, je serais quelque peu interrogé par un médecin. Ce dernier placé au chevet d’un autre malade va chercher à savoir à bonne distance de moi et par l’entremise des infirmiers qui l’entouraient, ce qui m’emmène à l’hôpital. Après avoir reçu mon explication soutenue par les infirmiers, il va instruire une radio du fémur gauche et prendra aussitot congés de ma salle d’hospitalisation.

Très motivé et avec l’aide de ma compagne je vais descendre à la radiologie faire cet examen déterminant mais la radio sortira à 13h30. Entre temps pour avoir passé une nuit et deux jours en chirurgie sans faire mes besoins vitaux faute de commodités, je vais demander d’être transféré dans une chambre individuelle (haut standing). Après ce changement de chambre et ayant déjà la radio, je vais de nouveau envoyer ma compagne vers la major pour savoir quelle est l’analyse qui en découle. Malheureusement, celle-ci lui fera savoir que le médecin prescripteur n’est plus au sein de la structure donc il faut attendre le lendemain c’est à dire mardi. Dans d’atroces douleurs et motivé par la fibre journalistique, je vais saisir le Directeur de cet structure sanitaire par le biais d’un message WhatsApp. Le Dr va me calmer et me rassurer que le matin j’aurai toute l’assistance nécessaire. Je vais devoir passer une troisième nuit sous antidouleur sans savoir ce que j’ai précisément au niveau de la cuisse. À noter que je suis handicapé de naissance du membre inférieur gauche et c’est le même pied qui a été touché suite à cette chute de moto.

Mardi matin aux alentours de 8h-8h30 une jeune Dame accompagnée d’un Monsieur tous deux médecins ( je suppose, puisse qu’ils viennent, selon leurs dires, sur instruction du Directeur). La Dame particulièrement va s’occuper de moi par le truchement d’une série de questions. Elle ira même plus loin en me touchant le pied (et c’était la toute première fois qu’on le faisait depuis mon entrée dans cette formation sanitaire). D’elle, j’apprendrai que j’ai un problème de rotation et d’équilibre. Avant de sortir de la salle celle que je considère désormais dans mon fort intérieur comme mon sauveur, va instruire une radio du bassin tout en traitant de  » ratée  » la première réalisée à la veille.

Bien plus, elle va même exiger qu’on me renforce les antibiotiques et antidouleurs. Soulager, je vais immédiatement prendre le fauteil roulant pour la deuxième radio. Ce que je fais à 10h et comme à la veille le cliché va sortir à 13h30. Une fois encore et malheureusement pour moi, la major fera savoir à ma compagne que le médecin prescripteur n’est plus là. Choqué, je vais prendre le bâton à moi remis par un collègue lors de sa visite, sautiller sur un pied avec beaucoup de peine le long du couloir pour atteindre le bureau de la major. Je voulais savoir deux choses : Pourquoi il n’y a jamais personne pour analyser mes radio et pourquoi la prescription du médecin du matin n’a pas été respectée? A savoir renforcer mon ordonnance puisse que jusque là je n’avais pas encore reçu de soins. La major ayant lu le désespoir et la nervosité sur mon visage va me calmer et me reconduire dans ma chambre. J’étais tout en larme. Quelques minutes après elle viendra me faire les soins et rejoint par la suite, par une autre Dame très nerveuse, qui ne manquera pas de me lancer au passage :  << Pourquoi tu embêtes les gens >>.

C’était la première fois que je la voyais. Sans autre forme de procès elle va me remettre mes radios et autres documents tout en me signifiant que comme les radio ne montrent aucune anomalie je dois me faire désormais masser par le Kiné. Autrement dit et selon l’Hôpital Régional d’Ebolowa, je n’avais pas de fracture. Vers 16h je vais sortir de l’hôpital sur le dos d’un grand frère venu me rendre visite. J’étais mal en point. Je souffrait doublement en moi car je voulais encore rester la pour soigner ce mal qui me rongeait et qui m’empêchait de marcher. Mais il faut libérer. Pendant plus de deux mois je vais me faire masser pour ne pas dire torturer par le kiné sans succès.

J’avais toujours un mal permanent et des difficultés à prendre appui. C’est ainsi que sur instruction du médecin conseil de la structure qui m’emploie je vais voyager pour Yaoundé à la rencontre du Dr René Essomba : chirurgien traumtologue en service au Centre hospitalier d’Essos-Yaoundé. Durant les premiers minutes de la consultation le 19 octobre 2021 dans son bureau, il va aussitot se saisir de la radio réalisée à l’Hôpital Régional d’Ebolowa et déduire sans grande difficulté que j’ai une fracture du col du fémur. Je n’en revenait pas. Toute suite une opération chirurgicale est programmée pour le 27 du même mois pour un coût estimatif de 980 025 FCFA. Pour la suite sachez que tout s’est bien passé et que je suis actuellement en rééducation…

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