Pendant quinze jours, Mengong devient la capitale de la culture Fang-Beti-Ekang. L’ONG « The Belinga Foundation » y a donné, ce samedi 11 juillet 2026, le coup d’envoi de la cinquième édition du Festival culturel international Bia So Mengong, placé sous le thème : « Retour aux sources ». Une invitation à revisiter les fondements d’une civilisation millénaire afin de mieux préparer son avenir.
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, marraine de l’événement, ainsi que du conseiller technique n°1, représentant personnel du ministre des Arts et de la Culture, de nombreuses autorités administratives, traditionnelles, politiques, religieuses et culturelles sans oublier des milliers de festivaliers venus du Cameroun et d’ailleurs.
En seulement cinq éditions, le festival Bia So Mengong s’est imposé comme l’un des plus grands rendez-vous culturels de l’aire Fang-Beti-Ekang. Ce qui n’était, à ses débuts, qu’une initiative de valorisation du patrimoine est progressivement devenu un espace international de dialogue entre les peuples partageant une même histoire. Cette année encore, des délégations officielles venues notamment de Guinée équatoriale ont effectué le déplacement, confirmant le rayonnement grandissant du festival au-delà des frontières camerounaises.

Le choix du thème « Retour aux sources » n’a rien d’anodin. Héritiers d’une civilisation dont les us et coutumes se transmettent de génération en génération, les peuples Ekang voient aujourd’hui une partie de ce patrimoine menacée par les profondes mutations sociales et culturelles de la mondialisation. Cette cinquième édition ambitionne ainsi de favoriser une réappropriation des savoirs ancestraux par les jeunes générations en faisant face à l’acculturation et à la perte progressive des repères traditionnels.
À Mengong, l’ambiance était celle des grands jours. Les rues ont vibré au rythme de la fanfare, des sonorités traditionnelles, tandis que les visiteurs affluaient vers le site du festival. Institutions publiques, entreprises partenaires, artistes de renom et simples amoureux de la culture se sont retrouvés dans une même ferveur. Le Port autonome de Kribi (PAK), une importante entreprise de téléphonie mobile ainsi que des artistes tels que K-Tino, X-Maleya, Cysoul, Coco Argentée et Petit Bozard figurent parmi les principaux acteurs de cette édition qui se poursuivra jusqu’au 27 juillet.

Le moment le plus spectaculaire de cette journée inaugurale restera sans doute la grande parade culturelle. Véritable fresque vivante, elle a retracé les grandes pages de l’histoire des peuples Fang-Beti-Ekang : les migrations, les scènes de la vie quotidienne, les rites initiatiques, les danses patrimoniales, les faits d’armes et, surtout, la mythique traversée de la Sanaga sur le dos du serpent, récit fondateur toujours transmis par les gardiens de la tradition. Chaque tableau semblait rappeler qu’un peuple ne survit que lorsqu’il conserve la mémoire de son histoire.
Cette quête de mémoire s’inscrit dans le prolongement de l’édition précédente, organisée sous le thème « Au-delà de nos frontières », qui avait permis de renforcer les liens entre les différentes communautés Ekang réparties au Cameroun, au Gabon, en Guinée équatoriale, au Congo et dans plusieurs autres pays de la sous région.

Aujourd’hui, le festival Bia So Mengong dépasse largement le cadre d’un simple festival. Il devient un véritable laboratoire de transmission culturelle où dialoguent les anciens et les jeunes, les traditions et la modernité, la mémoire et l’innovation. Ici, chaque danse raconte une histoire, chaque chant transmet une valeur, chaque objet d’art révèle une partie de l’identité collective.
À l’heure où de nombreux jeunes Africains cherchent leurs repères dans un monde en perpétuelle mutation, le message porté par le festival Bia So Mengong trouve toute sa pertinence : l’ouverture au monde ne doit jamais signifier le renoncement à ses racines.

En refermant cette première journée de festivités, une évidence s’impose : le patrimoine culturel n’est pas un vestige du passé, mais une richesse vivante. Tant qu’il continuera d’être transmis, célébré et réinventé, il demeurera le socle sur lequel les générations futures pourront bâtir leur destin. C’est précisément cette promesse que porte aujourd’hui le festival Bia So Mengong : faire du souvenir une force, de l’identité un héritage et de la culture un levier de développement.





