Alors que le président Paul Biya totalise 66 jours hors du territoire national, son absence prolongée ravive les tensions à Yaoundé. Plusieurs figures de l’opposition exigent de la transparence, tandis que le silence d’une large partie de la classe politique interroge sur les calculs en cours.
Le compteur égrène les semaines et le mystère s’épaissit au sommet de l’État. En totalisant 66 jours d’absence du Cameroun, le président Paul Biya prolonge un séjour hors des frontières nationales qui dépasse la simple parenthèse privée. Cette éclipse au sommet de l’édifice institutionnel s’impose aujourd’hui au centre de l’actualité, secouant une arène politique visiblement divisée entre interpellations directes et mutisme stratégique.
L’opposition exige des réponses institutionnelles
Face à cette longue absence, plusieurs figures de premier plan de l’opposition camerounaise ont décidé de rompre les rangs de l’attentisme. Joshua Osih, président du Social Democratic Front (SDF), l’avocat et homme politique Akere Muna, ainsi que Hiram Samuel Iyodi, leader du MP3, sont montés au front. Leurs prises de position convergent vers une exigence impérative : la transparence sur la gestion des affaires publiques. Allant plus loin, certains appellent ouvertement à une saisine du Conseil constitutionnel pour clarifier les contours de la continuité institutionnelle du pays.
Le mystère du silence dans les rangs adverses
Cependant, ce réveil de l’opposition contraste singulièrement avec la discrétion observée par une grande partie de la classe politique. Pourquoi plusieurs candidats déclarés ou prétendants avérés à la magistrature suprême choisissent-ils de s’enfermer dans le silence ? Entre calculs politiciens maquillés en prudence tactique et acceptation tacite du statu quo, l’attitude de nombreux acteurs politiques interpelle les observateurs. À l’heure où la transparence républicaine devrait guider l’action de tous, la peur de froisser les équilibres en place semble l’emporter sur le courage politique.
Entre exigences démocratiques, interrogations juridiques et stratégies de positionnement en vue des échéances futures, le Cameroun retient son souffle. Cette nouvelle zone de turbulences institutionnelles rappelle avec acuité l’urgente nécessité de clarifier les mécanismes de gouvernance au sommet de l’État, loin des calculs partisans.





