Cameroun: Agbor Balla plaide pour un vice-président anglophone dans la réforme constitutionnelle

Agbor Balla estime que la réforme constitutionnelle doit corriger les déséquilibres en intégrant un anglophone au sommet de l’État.

L’avocat en droit humain défend la création d’un poste de vice-président anglophone comme solution concrète pour apaiser la crise et renforcer l’unité nationale.

À défaut, Maitre Agbor Mballa plaide pour une garantie constitutionnelle assurant une succession anglophone à la présidence.

𝐔𝐧 𝐕𝐢𝐜𝐞-𝐏𝐫𝐞́𝐬𝐢𝐝𝐞𝐧𝐭 𝐀𝐧𝐠𝐥𝐨𝐩𝐡𝐨𝐧𝐞 𝐃𝐞́𝐬𝐨𝐫𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐄𝐬𝐬𝐞𝐧𝐭𝐢𝐞𝐥 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐚 𝐑𝐞́𝐟𝐨𝐫𝐦𝐞 𝐂𝐨𝐧𝐬𝐭𝐢𝐭𝐮𝐭𝐢𝐨𝐧𝐧𝐞𝐥𝐥𝐞 𝐝𝐮 𝐂𝐚𝐦𝐞𝐫𝐨𝐮𝐧

Le Cameroun se trouve, une fois de plus, à un carrefour constitutionnel décisif.

Les discussions autour des réformes institutionnelles, notamment la possible création du poste de Vice-Président, ne constituent pas seulement une opportunité d’ajuster les structures de gouvernance, mais aussi une occasion historique de corriger des déséquilibres persistants et de renforcer l’unité nationale.

Au cœur de ce moment se trouve une question simple mais fondamentale : qui incarne l’équilibre de notre nation au plus haut niveau du pouvoir exécutif ?

La logique de l’équilibre national

L’unité fragile du Cameroun a toujours reposé sur un équilibre délicat — bien que souvent imparfait — entre ses diverses identités régionales, linguistiques et culturelles.

Aujourd’hui, l’architecture institutionnelle reflète une certaine répartition régionale :

Le Président de l’Assemblée nationale est issu de l’Ouest,

Le Président du Sénat provient du Nord.

Dans une telle configuration, l’introduction d’un Vice-Président ne saurait être politiquement neutre. Elle doit répondre à la nécessité, longtemps exprimée, d’une inclusion anglophone au plus haut niveau de l’autorité exécutive.

Toute autre option ignorerait non seulement le contexte national actuel, mais risquerait également d’aggraver les fractures existantes.

La question anglophone : de la marginalisation à la représentation

Depuis des décennies, les Camerounais anglophones expriment des préoccupations légitimes liées à leur marginalisation — sur les plans politique, administratif, juridique et culturel. Ces revendications ont progressivement évolué vers l’une des crises les plus graves que connaît notre nation.

Répondre à cette crise exige plus que des discours. Cela requiert des garanties structurelles.

La création d’une Vice-Présidence confiée à un Camerounais anglophone permettrait de :

Signaler reconnaissance et respect,

Offrir une participation visible et effective à la gouvernance nationale,

Contribuer à restaurer la confiance dans les institutions de l’État.

Il ne s’agit pas de symbolisme. Il s’agit d’un partage réel du pouvoir.

Au-delà du symbole : un impératif stratégique

Un Vice-Président anglophone ne serait pas une simple figure symbolique, mais :

Un pont entre l’État et les populations anglophones,

Un garant de la sensibilité bilingue et bijuridique dans la gouvernance,

Un acteur clé de la résolution des conflits et de la cohésion nationale.

Dans un contexte où l’unité de l’État est mise à l’épreuve, un tel rôle n’est pas optionnel — il est stratégique.

À défaut d’un Vice-Président : des garanties constitutionnelles

Si le poste de Vice-Président n’est pas créé, la réforme constitutionnelle doit aller plus loin.

Elle devrait prévoir explicitement que :

En cas de vacance à la présidence, le successeur constitutionnel soit un Camerounais anglophone.

Il ne s’agit pas d’une proposition radicale, mais d’une mesure de stabilisation.

Une telle disposition permettrait de :

Rassurer des millions d’anglophones quant à leur place dans le projet national,

Réduire les tensions liées à la succession,

Renforcer la confiance dans l’avenir de la République.

Une question de justice, non de faveur

Ce débat ne doit pas être réduit à une question identitaire. Il s’agit fondamentalement de justice, d’équité et de survie nationale.

Un pays qui n’intègre pas toutes ses composantes au plus haut niveau de décision fragilise ses propres fondements.

La véritable unité ne se proclame pas — elle se construit.

Conclusion : saisir le moment

Le Cameroun ne peut se permettre de traiter ce moment constitutionnel comme une simple formalité.

Que ce soit par :

La création d’une Vice-Présidence, en principe confiée à un anglophone, ou

Une garantie constitutionnelle de succession anglophone, l’objectif doit rester clair : bâtir une République plus inclusive, équilibrée et stable.

Ce n’est pas seulement un choix politique.

C’est une nécessité nationale.

Nkongho Felix Agbor “Agbor Balla”

Avocat | Défenseur des droits humains12

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