Cameroun : Je suis Wilfried Ekanga, je suis albinos

J’aurai certainement souhaité reprendre sur un tout autre sujet. Mais je ne pouvais rester silencieux face cette cabale haineuse, cette stigmatisation d’une minorité, ce mépris affiché à l’encontre d’un frère de lutte, un camarade idéologique, un valeureux combattant. Wilfried Ekanga n’est pas seulement un partisan de Maurice Kamto. C’est l’une des faces visibles d’une jeunesse africaine qui aspire à meilleur pour son avenir que les chaînes de l’oppression, du chômage, de la pauvreté dans laquelle les dirigeants africains et leurs alliés occidentaux les ont enfermés.

Wilfried Ekanga est une fierté pour nous. Pas seulement parce qu’il a une connaissance hollogrammatique mais parce qu’il nous enseigne l’importance de la liberté qu’il conjugue avec confiance en soi. Ce dernier élément est la clé de la réussite.

Les grecs n’ont pu faire ce qu’il ont fait que parce qu’ils avaient confiance en eux. Wilfried montre à ses semblables, à ses compatriotes le chemin de la réussite. Une entreprise périlleuse qu’il conduit pourtant avec maestria.

J’aurai pu m’arrêter là. Car je préfère être un albinos libre qui a confiance en lui plutôt qu’un noir, blanc ou brun esclave, otage de la tyrannie. Wilfried est un albinos, un ngenguerou qui n’a pas peur de mourir. Qui a compris l’importance du sacrifice. Or Albert Camus disait: “ Il n’y a pas de liberté pour l’homme tant qu’il n’a pas surmonté sa crainte de la mort”.

Wilfried Claude n’a plus peur de mourir c’est pourquoi il est libre. Cependant, nous ne devons pas défendre Wilfried Ekanga, seulement parce qu’il est l’un des nôtres ou parce qu’il est albinos. Nous devons défendre Wilfried Ekanga parce que les attaques contre sa personne traduisent dans le fond le processus de droitisation d’un système politique.

Une Trumpisation de l’espace public dans laquelle la race, l’ethnie, la tribu, la religion sont au cœur de la christallisation identitaire.

En réalité nous avons une dérive fasciste, d’extrême-droite en cours au Cameroun.Et Wilfried Ekanga est une énième victime collatérale. Défendre Wilfried Ekanga c’est dire non à un régime qui fabrique au quotidien des logiques de stigmatisation contre une partie de sa population pour des raisons politiques. Défendre Wilfried Ekanga c’est rappeller que tous les hommes naissent égaux quelque soit leur couleur de peau. Défendre Wilfried Ekanga c’est défendre les valeurs de la République. Défendre Wilfried Ekanga c’est affirmer que nul ne choisit sa religion, sa race, sa couleur de peau ou son ethnie.

Je suis Wilfried Ekanga.

Je suis albinos.

 

BORIS BERTOLT

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