Cameroun : « Le président ne perd jamais le contrôle du jeu », recadre le Pr Mathias Owona Nguini

Invité ce 6 septembre sur Info TV, le politologue Mathias Owona Nguini a balayé l’idée d’une vacance de pouvoir ou d’une perte d’autorité de Paul Biya. S’il reconnaît l’existence de luttes d’influence au sein de l’appareil étatique, il rappelle que le chef de l’État conserve l’exclusivité des prérogatives institutionnelles.

Les guerres de chapelles et la compétition acharnée des réseaux au sommet de l’État agitent régulièrement l’espace public. Mais pour le professeur Mathias Owona Nguini, ces rivalités ne sauraient éclipser la réalité de l’autorité suprême. Interrogé ce dimanche 6 septembre 2026 sur le plateau de l’émission Libre Expression sur Info TV, le politologue a tenu à recadrer le débat face aux interpellations d’autres panélistes, à l’instar de Parfait Ayissi et de M. Onohiolo.

Réagissant aux interrogations sur l’existence de groupes d’influence et de prétendus centres de gravité alternatifs au Cameroun, l’universitaire a opposé une analyse pragmatique des rouages institutionnels. S’il admet que des clans s’affrontent au sein de l’appareil étatique pour positionner et propulser les élites gouvernementales, il insiste sur le fait que ces dynamiques n’échappent pas au sommet. « Dans tout le système, les réseaux existent pour fabriquer les élites, notamment gouvernementales. Ça, ce n’est pas le problème. Les concurrences entre les réseaux existent, mais le président a toujours le contrôle du jeu », a-t-il soutenu.

Pour le politologue, cette maîtrise permanente de l’échiquier politique national ne relève pas du hasard, mais d’un socle juridique étanche. Le chef de l’État demeure l’unique détenteur des leviers constitutionnels clés, notamment la prérogative souveraine de nommer et de démettre les membres du gouvernement. « Le président ne perd jamais le contrôle du jeu, parce que celui-ci est organisé sur une base institutionnelle. Il y a des institutions qui établissent que c’est lui qui a la prérogative », a-t-il rappelé.

À l’heure où les conjectures vont bon train sur la vitalité et les agitations des cercles de décision à Yaoundé, cette intervention recadre l’analyse institutionnelle. Elle démontre que, par-delà les ambitions individuelles et les bruits de couloir, la structure du pouvoir au Cameroun demeure arrimée aux verrous constitutionnels de la magistrature suprême.

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