Cameroun : Léon Theiller Onana saisit la justice pour bloquer la nomination d’un vice-président

C’est une  nouvelle bataille juridique s’ouvre ainsi autour de la révision constitutionnelle au Cameroun.

L’homme politique Léon Theiller Onana a saisi le Tribunal de grande instance du Mfoundi afin de contester toute tentative de nomination d’un vice-président par le chef de l’État, Paul Biya.

Dans sa volumineuse requête, déposée le 15 avril 2026 et consultée par 237actu.com, le requérant demande à la justice d’ordonner au président de la République de s’abstenir de nommer un vice-président, malgré la création récente de ce poste à la suite de la révision constitutionnelle. Selon lui, une telle nomination ouvrirait la voie à une succession contraire à l’esprit de la Constitution.

Le document indique  que le président Paul Biya, réélu en octobre 2025 pour un mandat de sept ans, tient sa légitimité du suffrage universel direct. Or, la désignation d’un vice-président, appelé à assurer la continuité du pouvoir en cas de vacance, pourrait permettre à une personnalité non élue d’accéder à la magistrature suprême.

« En clair, si le Président de la République venait à nommer un tiers au poste de Vice-Président, cela reviendrait à accepter que l’on puisse diriger le Cameroun sans passer par les urnes », lit-on dans la requête. Le juriste évoque également une possible violation des engagements internationaux du pays, notamment la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance (CADEG).

Léon Theiller Onana soutient en outre que le mécanisme constitutionnel actuel prévoit déjà une solution en cas de vacance du pouvoir : l’intérim assuré par le président du Sénat, suivi de l’organisation d’une élection présidentielle. Toute tentative de contourner ce schéma serait, selon lui, « anticonstitutionnelle ».

Par conséquent, le requérant sollicite du tribunal qu’il enjoigne au chef de l’État non seulement de renoncer à la nomination d’un vice-président, mais également de s’abstenir de tout acte susceptible d’empêcher le président du Sénat d’exercer ses prérogatives en cas de vacance du pouvoir.

Le Tribunal de grande instance du Mfoundi est désormais attendu pour fixer une date d’audience et se prononcer.

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