Cameroun-Ni John Fru Ndi  » Le Social Democratic Front (SDF) c’est ma plantation »

Ni John Fru Ndi

Le Chairman, opposant historique au régime Biya, conduit d’une main de fer le premier parti de l’opposition camerounaise. Parfois accusé de «dérive totalitaire», l’homme fort de Ntarikon à Bamenda termine cette année, 27 ans de règne sans partage à la tête de cette formation politique.

Annoncé pour octobre 2017, le congrès du Social democratic front (SDF) n’aura finalement plus lieu, renvoyé sine die. «Des problèmes financiers», dit-on dans les arcanes du SDF. Pourtant, ce grand rassemblement du premier parti de l’opposition du Cameroun est décisif pour son avenir. C’est en effet à l’issue de ce congrès que le nouveau président du parti de la balance sera connu, ainsi que son représentant à la présidentielle de 2018.

Mais déjà, les porteurs du vent de l’alternance à la tête du SDF aiguisent leurs appétits. Félix Teche Nyamusa, journaliste et militant de cette formation politique, ne cache pas son ambition de challenger le puissant Chairman du SDF. «Le temps où Fru Ndi était utile est révolu», a-t-il déclaré courant octobre. «Si les élections sont libres et transparentes, je vais gagner», promettait le jeune politicien, décidé à infliger une raclée à John Fru Ndi, à la tête de ce parti depuis sa création en 1990.

27 ans que le natif de Baba lI, arrondissement de Santa, Région du Nord-Ouest, trône comme président national d’une formation politique qui selon Bernard Muna, «sombre dans la dérive dictatoriale de son chef», mais surtout, poursuit-il, «est victime d’une confiscation de son président national». Ces propos acerbes ont été tenus le 6 février 2006 à Yaoundé. Bernard Muna constatait alors qu’ «après 15 ans d’existence, le SDF n’a pas réussi à maintenir la flamme allumée…».

11 ans après cette sortie couperet, l’avocat a claqué la porte du parti de la balance. Comme d’autres fortes têtes, Issa Tchiroma Bakari, Siga Asanga, Saidou Yaya Maidadi, Charly Gabriel Mbock le défunt Tazoacha Asonganyi, Élisabeth Tamandjong, Édith Kabang Wallah ou encore Hameni Bieleu.

Malgré ces démissions, et en dépit d’une perte de vitesse politique, le Chairman s’accroche toujours, à la tête d’un parti, qu’il tient d’une main de fer. «SDF na my farm», avait-il pas lancé, à savoir que le parti était sa plantation, son fonds de commerce.

 

© Source : Repères

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