Cameroun-tension post électorale : voici les circonstances de l’arrestation de Armand Okol.

Armand Okol

Interpellé le jeudi, 25 octobre, le porte parole du candidat de l’univers, Armand Okol a été libéré 3 heures après. Sur sa page facebook, il nous fait part du calvaire vécu.

« Je viens d’être libéré après avoir été retenu durant un peu plus de trois heures d’horloge par les éléments de la gendarmerie.

J’allais sereinement ce matin à notre QG pour les préparatifs de la conférence de presse programmée pour cet après-midi après l’interdiction d’hier. À peine je descends du véhicule que j’entends :

– le voilà ! Sans avoir le temps de réaliser ce qui se passe, environ dix gendarmes surgissent devant moi.

– Donnes nous tes téléphones, m’intime l’un d’eux!

– Et pourquoi devrais-je vous donner mes téléphones? Lui dis-je.

Sans autre forme de procès, je vais alors subir toutes sortes de brutalité car je leur oppose un refus catégorique de montrer les contenus des galeries de mes téléphones qu’ils vont finalement arracher.

J’aurais juste le temps de les mettre en mode veille pour m’entendre dire ensuite que je fais l’objet d’interpellation aux motifs: (1) d’appel à la désobéissance civile, (2) prise de vues d’éléments des forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions. Dix minutes plus tard à bord d’un de leurs véhicules, je suis conduis vers une destination inconnue cagoulé comme un vulgaire malfrat.

Je vais ensuite me retrouver dans une salle obscure sans ouverture dans laquelle je vais suffoquer du fait d’une odeur pestilentielle. À l’extérieur dans ce qui s’apparente à un hall, ça va et vient dans tous les sens, les sonneries des postes fixes et portables sonnent sans discontinuer avec régulièrement des: “affirmatif”, “négatif”, “bien reçu mon colonel”, “bien reçu mon commandant”.

Deux heures à peu près après ce temps qui va m’apparaître interminable, probablement les mêmes éléments qui m’ont conduit dans ce lieu que je ne saurais moi-même situer pour être répartie de là dans les mêmes circonstances qu’à l’arrivée, se saisissent à nouveau de moi, me traînent cette fois dans un véhicule aux allures de fourgonnette pour aller me balancer vers la rue belle-mère Anguissa environ une vingtaine de minutes plus tard. Celui qui présente les signes du chef va alors me dire l’air grave et sérieux :

– tu as eu la chance cette fois-ci, la prochaine fois on ne va pas te dire…

J’exprime ici la reconnaissance à Poutine Le Lion Messey et Fabrice bea qui ont donné l’alerte, mon leader Cabral Libii et toute la team “11 Millions/Univers”, mais surtout tous ces amis, connaissances et sympathisants qui même sans me connaître ont en un temps record mobilisé la communauté nationale et internationale ayant permis ma libération. Et je retiens comme principale leçon : “face à la tyrannie il faut être courageux et résister”. Moralité: la lutte continue…

Armand Okol

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