Le Centre Hospitalier et Universitaire (CHU) de Yaoundé est sorti de son mutisme après le décès de Mme Assako Monentyam Clémentine, survenu dans ses services. Face à la polémique grandissante sur les réseaux sociaux, la direction de l’établissement a publié un communiqué officiel pour restituer sa version du déroulement des faits, réfutant toute idée de négligence médicale liée à des impératifs financiers.
L’émotion est vive à Yaoundé et l’opinion publique s’enflamme à la suite du décès tragique d’une jeune parturiente. Alors que les plateformes numériques pointent du doigt les conditions de sa prise en charge, l’administration hospitalière a choisi la voie de la clarification institutionnelle. Une démarche essentielle pour détricoter une affaire où se mêlent détresse médicale, rumeurs et pratiques thérapeutiques alternatives.
Une admission en urgence critique
Selon les précisions fournies par l’équipe managériale du CHU, Mme Assako Monentyam Clémentine est arrivée au sein de l’établissement après avoir été référée en urgence par une autre formation sanitaire de la place. Le motif de ce transfert faisait état d’un « état fœtal non rassurant ». Le protocole d’urgence aurait été immédiatement enclenché, débouchant sur la réalisation d’une césarienne moins d’une heure après l’admission de la patiente.
La piste d’un traitement traditionnel évoquée
C’est au cours de la phase post-opératoire que la situation clinique s’est dramatiquement dégradée. Confrontés à un saignement massif et incontrôlable, les praticiens affirment avoir recueilli une confidence cruciale de la part de la patiente elle-même. Cette dernière aurait avoué avoir ingéré un traitement traditionnel à base de plantes, une pratique courante visant à accélérer les contractions ou à faciliter le travail d’accouchement, mais dont les complications médicales s’avèrent parfois fatales.
La gratuité des soins opposée aux accusations financières
Dans un contexte national où la question des dépôts de caution financière préalable à la prise en charge des urgences reste ultra-sensible, le CHU de Yaoundé a tenu à faire une mise au point catégorique. Le communiqué souligne qu’aucun paiement n’a été exigé à l’entrée. L’établissement précise que les soins ont été dispensés en dépit des ressources limitées des proches, la famille ne disposant au moment des faits que de la somme de 50 000 francs CFA. Malgré une seconde intervention chirurgicale et une mobilisation importante des équipes, la patiente a succombé aux alentours de 21 heures à une anomalie sévère de la coagulation sanguine.
Tout en adressant ses condoléances à la famille durement éprouvée, le CHU de Yaoundé tente, par cette mise au point factuelle, d’éteindre l’incendie médiatique. Ce drame remet toutefois en lumière le défi persistant de la cohabitation entre la médecine moderne et les pratiques traditionnelles, souvent invisibles pour le personnel soignant jusqu’à ce qu’il ne soit trop tard. La transparence affichée par l’hôpital sera désormais confrontée au deuil et aux attentes de vérité d’une famille légitimement meurtrie.





