En séjour à Buea ce lundi pour le Dialogue communautaire du Sud-Ouest, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a estimé que la crise anglophone s’essouffle. Face aux autorités et aux populations, il a affirmé que le conflit pourrait s’éteindre de lui-même d’ici une décennie tout en exhortant les communautés à convaincre les jeunes combattants de déposer les armes.
La capitale de la région du Sud-Ouest a abrité ce lundi un moment fort de concertation politique. En marge du Dialogue communautaire, le Premier ministre, Chief Dr Joseph Dion Ngute, a posé un diagnostic sans concession sur l’évolution de la crise sociopolitique qui secoue les régions anglophones, prônant une prise de conscience collective pour hâter le retour définitif à la paix.
Un essoufflement manifeste du conflit
Pour le chef du gouvernement, le constat d’usure de la rébellion est évident. S’exprimant devant les forces vives de la région, il a indiqué que si le conflit n’est pas totalement résolu dans l’immédiat, il risque de « mourir de sa belle mort » d’ici dix à quinze ans. Un pronostic qui traduit l’épuisement progressif de la dynamique insurrectionnelle, dans un contexte où le front sécuritaire majeur du pays se trouve désormais dans l’Extrême-Nord.
S’adressant directement aux citoyens, le Premier ministre a rappelé une réalité incontournable : les porteurs d’armes qui sèment le trouble dans le Sud-Ouest sont pour la plupart « des enfants de notre région ou des régions voisines ». Affirmant détenir des informations de première main selon lesquelles certains combattants se disent aujourd’hui « fatigués », il a invité les populations à confronter cette réalité pour les inciter à regagner le droit chemin.
Des signaux encourageants et des défis persistants
Cette exhortation trouve un écho dans les récentes évolutions sur le terrain. À l’occasion de cette même rencontre, vingt-cinq ex-combattants originaires d’Akwaya ayant choisi de déposer les armes ont été officiellement présentés au Premier ministre, illustrant la porosité croissante des rangs séparatistes.
Malgré ces lueurs d’espoir, le chef du gouvernement n’a pas éludé les obstacles qui freinent la normalisation. Il a reconnu que le développement socio-économique de la région reste plombé par l’attentisme des partenaires extérieurs, dont beaucoup maintiennent le Sud-Ouest dans la catégorie des zones à risque sur le plan sécuritaire.
Entre appels pressants à la décrispation et exigence de responsabilité partagée, l’intervention de Joseph Dion Ngute à Buea rappelle une certitude géopolitique : la pacification définitive des régions anglophones passera inévitablement par l’engagement des communautés elles-mêmes à solder le passif de la belligérance.





