Le clergé camerounais est à nouveau endeuillé par la violence. Le père John Bosco Bihkong, récemment ordonné, a été enlevé le 27 juin dernier dans le Nord-Ouest, en compagnie de deux autres religieux. Ce nouvel acte, survenu dans un contexte de tensions persistantes, souligne la vulnérabilité extrême des hommes d’Église face à l’insécurité qui frappe ces régions depuis près d’une décennie.
Le père John Bosco Bihkong, prêtre du diocèse de Nkongsamba, avait choisi de retourner dans son village natal de Melim, situé dans l’arrondissement de Ndop, pour célébrer sa première messe. Ce moment de joie et de communion fraternelle a été brutalement interrompu dans la nuit du 27 juin 2026. Des individus non identifiés ont fait irruption pour l’enlever, ainsi que deux de ses compagnons de la congrégation des Frères Franciscains de l’Emmanuel : le frère Sylvester Sewong, gardien du couvent de Kékem, et le frère Marie Rodrigue Sop.
L’annonce, confirmée par l’évêque de Nkongsamba, Mgr Dieudonné Espoir Atangana, a provoqué une vive émotion au sein de la communauté catholique. Par la voix du vicaire général, Mgr Joseph Tchinda Dountio, le diocèse a lancé un appel vibrant à la prière et à la solidarité. L’institution, tout en restant mobilisée pour obtenir leur libération, maintient une ligne claire : elle refuse de céder au chantage des ravisseurs, consciente qu’un précédent de rançon ne ferait qu’accroître la vulnérabilité de ses serviteurs sur le terrain.
Cet enlèvement vient rallonger la liste, déjà trop longue, des serviteurs de Dieu pris pour cible dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. De l’affaire de Nchang en 2022 à la détention des six prêtres à Bamenda en 2025, le clergé reste une victime collatérale privilégiée de la crise anglophone.
Face à cette spirale de violence qui ne semble pas faiblir, la question de la sécurité des civils et des acteurs religieux devient plus que jamais un défi majeur pour les autorités. Alors que les familles et les fidèles attendent une issue heureuse, cette nouvelle épreuve rappelle cruellement que, dans le tourbillon de la crise, personne ne semble être épargné.




