La bataille juridique autour du retour de Maurice Kamto à la tête du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) prend une nouvelle tournure. Face aux recours engagés par des militants dissidents contestant la légitimité de ce retour après sa démission en vue de la présidentielle de 2025, la direction du parti monte au créneau en s’appuyant sur ses textes fondateurs.
Dans une argumentation détaillée, Me Roland Dieuwou, secrétaire national chargé des affaires juridiques du MRC, affirme que les contestataires interprètent de manière incomplète le règlement intérieur du parti. Selon lui, les statuts du MRC, qui ont une valeur juridique supérieure au règlement intérieur, autorisent le Conseil national à prendre des décisions exceptionnelles entre deux Conventions lorsque les circonstances l’exigent.
L’avocat soutient surtout que la démission de Maurice Kamto n’a jamais créé une vacance de la présidence au sens de l’article 68 du règlement intérieur. Il rappelle que le Directoire national, lors de sa session du 21 juillet 2025, avait estimé que cette situation ne relevait pas des cas prévus par ce texte. Une position ensuite validée par le Conseil national, qui a confirmé le retour de Maurice Kamto à la tête du parti.
Pour la direction du MRC, il ne s’agissait donc pas d’élire un nouveau président, mais simplement de permettre à Maurice Kamto de poursuivre le mandat de cinq ans obtenu lors de la Convention de décembre 2023, jusqu’à son terme en 2028.
Au-delà de cette bataille d’arguments, cette affaire met en lumière les profondes divisions qui traversent actuellement le MRC. D’un côté, les dissidents réclament une application stricte du règlement intérieur ; de l’autre, les responsables du parti invoquent la primauté des statuts et la continuité institutionnelle pour défendre la légalité du retour de leur président.





