Près d’un an après la présidentielle d’octobre 2025, le tribunal militaire de Yaoundé a rendu son délibéré pour 66 prévenus poursuivis dans le cadre des contestations postélectorales. Condamnés à des peines allant du sursis à 15 mois de prison ferme, ces civils voient leur horizon judiciaire s’éclaircir. La défense annonce de nouveaux recours, alors qu’une centaine de dossiers restent en instance.
Le verdict est enfin tombé au tribunal militaire de Yaoundé. Le mercredi 8 octobre 2026, la justice s’est prononcée sur le sort de 66 personnes interpellées dans la foulée des tensions nées de l’élection présidentielle d’octobre 2025, qui avait consacré la réélection du président Paul Biya.
Déclarés coupables de propagation de fausses nouvelles, rébellion, attroupement et défaut de carte nationale d’identité, les prévenus ont écopé de peines s’échelonnant entre six mois avec sursis et 15 mois de prison ferme. Bien que la décision confirme leur culpabilité, elle apporte un dénouement concret après douze mois de détention provisoire et d’incertitude. Grâce au temps déjà passé sous les verrous, plusieurs personnes pourront sortir immédiatement, tandis que les plus lourdement sanctionnées devraient recouvrer la liberté d’ici février 2027.
Malgré ce dénouement partiel, le collectif d’avocats de la défense n’entend pas en rester là. Me Ndam a d’ores et déjà annoncé son intention d’épuiser toutes les voies de recours pour contester le bien-fondé de ces condamnations. Ce procès au long cours continue d’ailleurs de faire l’objet de vives critiques de la part des organisations de défense des droits humains, qui dénoncent avec force le jugement de citoyens civils par une juridiction militaire.
Alors qu’une centaine d’autres prévenus attendent toujours d’être fixés sur leur sort, cette première vague de jugements marque une étape décisive dans le traitement judiciaire de la crise postélectorale de 2025. Elle laisse entrevoir la fin d’un interminable feuilleton pour les familles, tout en maintenant sous presse le débat sur l’indépendance et la compétence des tribunaux d’exception.




