Pour Célestin Bedzigui, la responsabilité de l’Etat est fortement engagée dans le décès d’Anicet Ekané qui pour lui est mort en martyr.
« Ekane, ce martyr…
Ekane Anicet n’ est pas mort de mort naturelle. Il est mort en martyr.
Des personnes condamnées étant souvent remises en liberté pour raison de santé, maintenir en detention un malade avéré est une manière de le tuer. Il est vrai qu’ au Cameroun, l’ inhumanité est la règle dans l’ espace de la répression politique. Toutefois, par courage, Le Colonel responsable de son lieu de détention et les médecins traitants devaient signaler aux donneurs d’ordre politiques qu’il était inapproprié de le maintenir en détention, malgré la gravité alléguée des motifs de son incarnation.
Il y eu un zèle coupable qui engage autant responsabilité personnelle des individus impliquées dans la chaîne de décision et que la responsabilité civile de l’Etat dont ils sont les agents. La lâcheté des uns et la cruauté cynique des autres ne sauraient ne pas être relevées et donner lieu à condamnation sans équivoque.
Anicet…
Ils parleront sans savoir… Nous aurons été compagnon 35 ans durant dans la dissidence, résistant aux intentions de nous détruire d’un environnement impitoyable. Même s’ il nous arrivait de diverger sur les stratégies, nous gardions en commun cette aspiration au changement par les voies institutionnelles, partageant cette élégance de pensées et de présentation physique à laquelle nous etions tant attachés. Tu as mené le bon combat. Trouve enfin le repos.
Adieu l’Ami…
Sa Majesté Célestin Bedzigui
Président du PAL »





