Ancien chef du gouvernement camerounais, Ephraïm Inoni, condamné dans le cadre de l’opération Épervier, a refait surface en France. Loin des ors de la République et du tumulte de Kondengui, l’homme vit désormais une existence effacée, loin de la scène politique nationale qu’il a marquée pendant des décennies.
L’image contraste avec le faste des fonctions autrefois occupées. Ephraïm Inoni, Premier ministre du Cameroun de 2004 à 2005, a été aperçu récemment dans un centre commercial en France. Loin du protocole d’État, l’ancien haut commis de l’appareil administratif camerounais, aujourd’hui libéré des contraintes carcérales, semble avoir définitivement tourné la page de sa vie publique au pays.
Le parcours de l’homme est indissociable de la vaste campagne anti-corruption lancée par le régime de Yaoundé. Interpellé en 2012, il avait été condamné à vingt ans de prison ferme pour détournement de deniers publics. Son passage par la prison centrale de Kondengui a été marqué, selon ses propres déclarations, par une période de grande vulnérabilité, notamment lors des événements de juillet 2019.
Face à la dégradation de son état de santé, une évacuation sanitaire vers la France avait été autorisée par le président Paul Biya en 2020. Si, à l’époque, l’engagement avait été pris d’un retour au pays après les soins, la réalité est tout autre. Six ans plus tard, l’ancien Premier ministre a choisi de se sédentariser dans l’Hexagone, menant une vie décrite comme paisible, loin des projecteurs et des arcanes du pouvoir qui ont fini par le broyer.
Cette transition radicale, de Kondengui aux rayons d’un supermarché en terre étrangère, souligne la fin abrupte d’une carrière au sommet de l’État. Pour beaucoup d’observateurs de la scène politique camerounaise, le destin d’Ephraïm Inoni demeure un rappel amer de la fragilité des allégeances et de l’implacable rouleau compresseur de l’opération Épervier.




