Fête nationale Camerounaise : un militant du MRC s’indigne

Jean Pierre Junior Noah puisqu’il s’agit de lui estime dans cette sortie que dans la législation du Cameroun, il n’existe aucun qui interdit à un formation politique sans élu de participer à la traditionnelle parade qui se déroule chaque  20 mai.

« Pas une ligne. Pas un alinéa. Pas une virgule. Ni la loi sur les partis politiques de 1990, ni celle sur les manifestations publiques, ni le texte instituant les fêtes légales. Rien. Le vide juridique est total, abyssal, et pourtant, chaque année, la messe est dite. Ce qui barre la route à des centaines de formations politiques légalement constituées, ce n’est pas la Loi, cette majesté devant laquelle tous devraient s’incliner. C’est un duo de circulaires préfectorales. Un bout de papier signé dans les bureaux de Yaoundé. Un autre dans ceux de Douala. Un anneau administratif, l’anneau Yaoundé-Douala, qui enserre les deux poumons du pays et étouffe le pluralisme. La République, celle des droits et des libertés, s’efface devant le bon vouloir de deux préfets. Voilà le scandale premier : une simple note préfectorale, sans ancrage, sans légitimité supérieure, sans âme, suffit à éteindre, pour des milliers de militants, la flamme de la fête nationale.  Mais le pire n’est pas seulement l’arbitraire. Le pire, c’est le sacrilège. Le 20 mai, faut-il le rappeler à ceux qui l’ont oublié dans les antichambres du pouvoir, c’est la Fête de l’Unité. La commémoration de ce jour de 1972 où les Camerounais ont décidé, ensemble, de faire un seul peuple, une seule nation, un seul destin. L’unité, c’est l’inclusion. L’unité, c’est la main tendue. L’unité, c’est la reconnaissance de l’autre dans sa diversité et sa légitimité. Or, que fait-on ? On verrouille les boulevards de Yaoundé et de Douala. On trie. On sélectionne. On écarte. Neuf partis, sur plus de 360, sont jugés dignes de fouler le macadam sacré de la célébration. Les autres ? Derrière les barrières. Spectateurs de leur propre fête. Condamnés à regarder passer une unité à laquelle ils n’ont plus droit. L’unité qu’on prétend célébrer est piétinée par ceux-là mêmes qui sont chargés d’en organiser le symbole, sous le double sceau des préfectures du Mfoundi et du Wouri »

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