La 17e édition du Forum des Métiers de la Mode et du Design s’est achevée à Yaoundé en présence de la Première dame, Chantal Biya. Si l’événement a brillamment mis en lumière l’innovation du « Made in Cameroon », cette apparition publique suscite de vives réactions au sein de la société civile, sur fond de débats autour des questions de protection des mineurs.
YAOUNDÉ — Le rideau est tombé ce vendredi sur la 17e édition du Forum des Métiers de la Mode et du Design (FOMOD), organisé au Hilton Hotel de Yaoundé. Lancée le 25 mai dernier par le ministre des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Économie sociale et de l’Artisanat, Achille Bassilekin III, cette vitrine économique majeure s’est clôturée par un défilé de haute facture. La présence remarquée de la Première dame, Chantal Biya, venue soutenir la jeune garde de la création nationale, a constitué le point d’orgue de cette édition.
Placé sous le thème porteur « Racines et innovations entre le Cameroun et le reste du monde », le rendez-vous a tenu ses promesses sur le plan culturel et entrepreneurial. Les stylistes, designers et artisans locaux ont dévoilé des collections audacieuses, mêlant habilement l’héritage ancestral aux tendances contemporaines. Pour les observateurs du secteur, cette plateforme a pleinement confirmé le dynamisme et le potentiel de l’artisanat national, élevant le savoir-faire camerounais vers les standards internationaux du marché de la mode.
Toutefois, cette célébration du glamour culturel s’inscrit dans un contexte national marqué par une sensibilité sociale accrue. L’apparition de la Première dame au Hilton Hotel a en effet déclenché des vagues de commentaires et de critiques parmi plusieurs activistes et leaders d’opinion. Ces derniers soulignent un contraste entre les festivités de l’événement et l’émoi provoqué par l’affaire de la jeune Joyce Nawal, symbole d’une recrudescence perçue des violences sexuelles sur les mineurs au Cameroun.
Des appels à une prise de parole officielle et symbolique se multiplient au sein de la société civile, exigeant un engagement public plus affirmé du sommet de l’État face aux enjeux de protection de l’enfance. À l’intersection de l’effervescence économique et des attentes citoyennes, cette édition du FOMOD illustre une fois de plus la complexité du rôle institutionnel et représentatif des figures publiques, constamment confrontées aux réalités et aux urgences de l’opinion nationale.





