Martin Camus Mimb dans cette sortie jette un regard la question de la sélection des joueurs en équipe nationales camerounaises qu’africaines.
Il faut dire que dans le monde, il n’y a pas un seul pays où la liste des joueurs retenus pour une compétition, ne va pas faire des vagues. La question des choix, même là où la performance est une règle, intègre donc toujours une dose de subjectivité. Là où se pose le problème en Afrique, c’est sur la cohérence du discours. Elle varie selon l’idée qu’on choisit de défendre de façon ponctuelle, ou la pilule qu’on veut faire avaler de force. Et c’est cela qui dilue la qualité des entraîneurs africains, qui n’ont rien à envier à leurs homologues européens sur le plan de la formation. Ce manque de cohérence qui jette souvent le discrédit sur leurs choix est la conséquence de trois facteurs : les règlements de comptes, les influences politiques à la sauce tribale ou sacrificielle, les intérêts des agents de l’ombre que personne ne voit, et qui sont dans les rétrocommissions de vente pour l’exposition du joueur ou des joueurs retenus. C’est pourquoi la performance des équipes africaines là où la cohérence scientifique est de rigueur, approche Log de 1. On ne triche pas au haut niveau.
Regardez un entraîneur comme Didier Deschamps. Pour la Coupe du monde 2026, on peut lui reprocher de n’avoir pas sélectionné Tolisso, Thauvin, Kolo Muani, Camavinga ou Lepaul le meilleur buteur de la Ligue 1, mais jamais on ne peut lui reprocher sa cohérence de choix dans ses idées de jeu, ou dans l’observation progressive des sélectionnés. Et lorsqu’il estime que pour des raisons non sportives il ne sélectionne pas un joueur, on le sait. On tapera sur lui, mais au moins il restera cohérent. Et la nappe de sa sélection, c’est le profil du joueur et la performance. Il te prendra Mateta et pas Kolo Muani qu’il a baladé depuis, parce qu’il y’a la performance en club meilleure, et le profil de point de fixation en attaque qu’il veut. Il ne te prendra pas Thauvin alors que Olise est là et Dembelé aussi. Il ne te prendra pas Camavinga qu’il a toujours sélectionné, parce qu’en plus de son inconstance en club, il y’a l’émergence d’autres talents au même poste plus intéressant. On peut discuter des degrés, mais au moins la cohérence crève les yeux.
On ne peut pas laisser par exemple Adingra en Côte d’Ivoire lors de la dernière Can,parce qu’il n’avait pas de temps de jeu en club en plus de son retour de blessure, et convoquer Nguessan pour la Coupe du monde, avec une situation pire. On ne peut pas laisser Martial Godo qui flambe avec Strasbourg et prendre dans le même championnat et au même poste, des joueurs qui n’ont pas ses stats. Haller s’est battu pour revenir. Il a donné la CAN à la Côte d’Ivoire, avec un demi pied, sortant d’une situation de maladie unique. Même pour cet état d’esprit, il mérite meilleure attention. Pire, on ne peut pas aller chercher dans des championnats de seconde zone des joueurs, en plus sans temps de jeu, et laisser ceux qui sont dans les championnats majeurs avec temps de jeu. Au moins, si on comprenait la cohérence depuis la dernière Can. Mais là encore c’est le clair-obscur. Il faudrait en Afrique un minimum de cohérence pour magnifier la compétence. Le problème, c’est que si dans ce cafouillage il y’a les résultats, on va instaurer le cafouillage comme méthode de travail. Sauf qu’il a des limites évidentes qui aboutissent à la stagnation ou la dégringolade. Fae a aiguisé la lame qui va le découper lui-même, s’il ne rentre pas avec le gibier de la performance.





