Kamto exige la fin des violences contre les « allogènes » au Sud

Maurice Kamto appelle à mettre un terme aux violences récurrentes contre les « allogènes » dans la région du Sud. Le leader du MRC rappelLE que ces actes mettent en péril la cohésion nationale. L’homme politique exhorte le gouvernement à agir pour protéger les victimes et critique au passage l’inaction des forces de sécurité.

Lire la sortie de Maurice Kamto :

DECLARATION: HALTE AUX VIOLENCES RÉCURRENTES CONTRE LES « ALLOGÈNES » DANS LA RÉGION DU SUD, « SOCLE GRANITIQUE » DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE EN FONCTION, À LA VEILLE DU SCRUTIN PRÉSIDENTIEL DE 2025.

L’opinion reste sous le choc des images effroyables suite à des actes d’une rare violence survenus dans l’Arrondissement de Meyo, Département de la Vallée du Ntem, Région du Sud, le 20 février 2025, et largement diffusés sur les réseaux sociaux.

Sous toutes les réserves,  il semblerait que ces actes haineux et de vandalisme des commerces et autres biens des personnes dites  » allogènes », considérées comme des étrangers dans leur propre pays aient eu pour origine un crime crapuleux qui serait d’ailleurs encore à élucider. Ce crime qui a causé́ la mort d’un habitant de la localité́ a été́ précèdé par le meurtre d’un premier habitant quelques jours seulement avant. Mais, curieusement, ce premier crime n’aurait pas suscité́ la fureur populaire que l’on a déplorée le 20 février après le second meurtre.

En mon nom personnel et au nom des militants et sympathisants du MRC, j’adresse aux familles des différentes victimes mes sincères condoléances. Aux blessés, j’adresse mes vœux de prompt rétablissement.

J’exhorte le Gouvernement à apporter toute l’aide nécessaire aux personnes qui ont subi des pertes matérielles pendant cette folie meurtrière.

Le MRC rappelle que le crime n’a pas de tribu ni d’ethnie, encore moins de langue.

Aucune tribu, aucune ethnie, aucun groupe linguistique ne peut être comptable ni pénalement, ni moralement d’un délit ou d’un crime commis par un de ses membres.

Par ailleurs, nul n’a le droit de se faire justice, même pas en cas de crimes crapuleux.

Il devient préoccupant de constater la récurrence des actes de violence haineuse contre les « allogènes’ dans la Région du Sud, Région natale du Président de la République en fonction, sous divers motifs, notamment après chaque crime dont la victime est  présentée comme originaire de cette partie de notre pays. Il est révoltant de voir l’attitude tout à fait non professionnelle des forces de sécurité́ pendant ces différentes poussées de violence contre des Camerounais venus d’autres régions du pays, pour des actes qui ne sont rien d’autre que des crimes punis par la loi pénale.

Les autorités administratives et les forces de sécurité́ donnent l’impression que la Région du Sud est une région à part du Cameroun, où elles n’obéissent pas aux mêmes exigences de maintien de l’ordre que dans les autres régions de notre pays;  que le Code Pénal qui encadre les actes des officiers de police judiciaire y est différent de celui qui a cours dans le reste de la République.

 Le zèle avec lequel ces mêmes autorités administratives et sécuritaires répriment  les militants du MRC à travers le pays, notamment dans la Région du Sud, tranche avec leur attitude passive ou accommodante et coupable pendant ces actes de barbarie contre les « allogènes ».

Le Gouvernement doit mettre fin de toute urgence à cette sauvagerie récurrente. Bien plus, les élites politiques, économiques, sociales, intellectuelles, traditionnelles et religieuses de la région concernée doivent dénoncer publiquement ces actes qui n’honorent pas les populations de la Région du Sud qui jouissent pourtant d’une vieille réputation d’accueil des autres Camerounais. Ces actes incompréhensibles mettent gravement à mal la cohésion nationale et le vivre-ensemble si chère à tous les Camerounais.

Leur prise de parole publique urgente est d’autant plus nécessaire que notre pays est à quelques mois d’une élection présidentielle cruciale pour son avenir. Le scrutin présidentiel à venir est déjà̀ largement pollué par une haine tribale et ethnique grandissante et décomplexée que le Gouvernement laissent des individus, bien identifiés, distiller à longueur de journée dans certains médias. Je l’ai dit ailleurs et le redis ici : aucune communauté́ ne sera jetée à la mer. Nous n’avons pas d’autre choix que de réfléchir ensemble aux conditions de notre coexistence dans la fraternité́ républicaine et la paix entre les communautés qui forment notre nation.

Fait à Yaoundé́ le 22 février 2025

Maurice KAMTO, Président National du MRC,

Candidat du MRC et de l’APC à l’élection présidentielle à venir

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