« Les 5 gros mensonges de Issa Tchiroma pendant la campagne »

L’auteur camerounais Jean Ediegnie estime que ce candidat à la présidentielle l’a floué et par la même occasion tous les camerounais. Dans cette sortie, il donne les 5 raisons qui le poussent à le dire.

Mes chers compatriotes,

Je vais être honnête avec vous. Moi aussi, j’y ai cru.

Il y a encore quelques semaines, je regardais Issa Tchiroma Bakary parler avec une assurance quasi biblique, micro en main, boubou blanc éclatant, et je me laissais emporter par ses proclamations :

« Je libérerai ce pays. »

« Le peuple est avec moi. »

« Une partie de l’armée me soutient. »

« Tuez-moi si vous voulez, mais je ne fuirai pas. »

Il parlait comme un Messie politique.

Nous ses fidèles l’appelions déjà “Le Messie”, en référence à Issa qui signifie Jésus en arabe.

Et comme beaucoup de Camerounais, j’ai voulu croire — sincèrement, profondément — qu’un homme pouvait incarner le courage dans un pays où tout flanche.

Puis la réalité a frappé.

Et la presse internationale (BBC, Jeune Afrique, sources diplomatiques) a révélé ce que je refusais de voir : L’homme qui jurait vouloir mourir ic… ne se trouve plus ici. Il dîne avec Adama Barrow en Gambie. Il est escorté par la Garde républicaine gambienne.

Protégé par les services nigérians.

Soutenu par Macky Sall.

Courtisé par Tabital Pulaaku.

Observé par Emmanuel Macron.

Mais jamais — pas une seule fois — par le peuple qu’il a laissé derrière lui.

Voici donc, avec lucidité, les 5 mensonges auxquels moi-même j’ai cru… avant que la vérité ne me gifle.

1- « Tuez-moi si vous voulez, mais je ne fuirai pas. »

Il avait juré qu’il mourrait ici.

Qu’il ne fuirait jamais.

Qu’il appartenait au peuple.

Et moi, naïvement, j’ai cru qu’il tiendrait parole.

Aujourd’hui, il vit sous protection spéciale à Banjul.

Il dîne avec un président étranger.

Il est escorté par la NIA du Nigeria.

Il bénéficie d’un réseau diplomatique de luxe.

Pendant ce temps, son “peuple” subit la flambée des prix sur les marchés, arrestations, deuils.

Le martyr annoncé… a pris l’avion.

2- « Une partie de l’armée est avec moi. »

Il répétait sans cesse :

« Une partie de l’armée est avec moi. »

« J’ai des généraux qui me soutiennent. »

Et j’ai cru que l’histoire allait basculer.

Mais où sont-ils, ces fameux soutiens ?

Pendant qu’il se cache à Banjul :

ce sont des généraux nigérians, pas camerounais, qui viennent lui rendre visite ;

c’est la Garde républicaine gambienne, pas celle du Cameroun, qui le protège ;

et aucune faction de notre armée n’a levé le petit doigt.

Il avait promis la tempête.

Nous avons eu… le vent du désert.

3- “Je libérerai le Cameroun par tous les moyens”

Je l’ai entendu dire ces mots.

La BBC les a répétés.

Et je me suis dit : “Enfin un qui ira jusqu’au bout.”

Mais depuis qu’il a traversé la frontière :

plus de lives,

plus de discours,

plus rien.

Le seul terrain qu’il “libère” aujourd’hui…

… c’est la table à manger du palais gambien.

Sa révolution a traversé la frontière,

mais n’a jamais traversé la crise.

4- Le mensonge de la cohérence politique : du régime Biya au faux prophète

Et c’est sans doute celui qui m’a fait le plus mal.

Le même homme qui fut :

ministre de Paul Biya,

porte-parole du régime,

défenseur acharné du pouvoir,

allié fidèle jusqu’en juin 2025,

est soudain devenu :

le libérateur attendu,

le messie du Nord,

le champion de l’opposition.

Je voulais croire en sa rupture.

Mais son “reniement” n’était pas une révélation :

c’était une stratégie de survie.

Et dès que le sol a tremblé,

il a quitté la scène…

comme un acteur qui fuit l’incendie qu’il a lui-même allumé.

5- Le mensonge le plus cruel : me laisser espérer… avant de partir

Pendant la crise post-électorale, j’ai vu :

des jeunes mourir,

d’autres emprisonnés,

des tribunaux assiégés,

des familles traumatisées,

Garoua (presque) sous couvre-feu.

Et je pensais, comme beaucoup, que celui qui avait allumé cette flamme resterait jusqu’au bout.

Mais lui ?

Il dîne à Banjul.

Protégé, entouré, célébré.

Pendant que le Cameroun panse les plaies…

qu’il a contribué à ouvrir.

Le mensonge n’était pas dans ce qu’il disait.

Le mensonge était dans ce qu’il me faisait croire :

qu’il serait là jusqu’au bout.

En conclusion :

Issa Tchiroma Bakary est un homme rattrapé par ses propres contradictions.

Il avait promis la libération. Il a choisi l’exil.

Il avait promis le courage. Il a choisi la protection étrangère.

Et moi, comme beaucoup, j’ai appris une leçon :

Un pays peut survivre à la pauvreté, à l’injustice et à la corruption.

Mais il peine à survivre aux faux prophètes.

Car quand le voile tombe,

on réalise que le problème n’était pas qu’il ait menti…

Le problème,

c’est que nous voulions tellement croire.

 

 

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