Mort en série et soupçon d’empoisonnement : Un ancien détenu fait un témoignage troublant

05 mois seulement après la mort de Paul Éric Kingue, aujourd’hui, c’est Christian Penda Ekoka qui lui emboîte le pas dans la tombe.

Tous ces opposants avaient été interpellés aux côtés de Maurice Kamto, le 28 janvier 2019, au lendemain de la «marche blanche» violemment réprimée par le régime de Yaoundé. Ils contestaient alors les résultats de la présidentielle de 2018.

Après 09 mois de détention, Maurice Kamto et ses alliés seront remis en liberté suite à l’arrêt des poursuites judiciaires décidé par le Président Paul Biya.

Mort en série ?

Certains observateurs convoquent la thèse de l’empoissonnement pour expliquer cette mort en série. La disparation de Christian Penda Ekoka est revenue relancer le débat sur la mauvaise qualité des conditions de vie carcérale de ces opposants.

Dans un témoignage, Serges Branko Nana, lui aussi ancien détenu, évoque certains déterminants qui pourraient être pris en compte pour expliquer la mort de ces opposants passés par l’univers carcéral.

Il dit notamment ne pas oublier les propos tenus par une certaine Mme Ngah Brigitte, officier de police deuxième grade à son égard.
« Elle nous dira un soir alors qu’elle nous a apporté la ration pénale et que nous avons refusé de manger suite à ses propos condescendants et désobligeants à notre endroit :  » je vous promets que dans cinq ans vous allez confirmer les conséquences de tous ces repas que vous avez déjà mangé ». », se souvient encore Serges Branko Nana surnommé « Le Général de Kamto »

Voici son témoignage intégral

Je pense qu’il est temps qu’on se pose les vraies questions :
Qu’avons-nous mangé en pendant notre détention ?
Que nous ont-ils fait ingurgiter ?

« Je n’oublierai jamais ce nom. Mme Ngah Brigitte, officier de police deuxième grade.

Elle nous dira un soir alors qu’elle nous a apporté la ration pénale et que nous avons refusé de manger suite à ses propos condescendants et désobligeants à notre endroit :  » je vous promet que dans cinq ans vous allez confirmer les conséquences de tous ces repas que vous avez déjà mangé ».

C’était dans la base militaire du Commandement Central du Groupement Mobile d’intervention (CC-GMI) de Soa.

À ma sortie de prison, j’avais fait un post en citant nommément cette dame. »
Pour ceux qui étaient au SED (Secrétariat d’Etat à la Défense, centre de torture et détention arbitraire) avec nous ils peuvent le reconnaître et témoigner.

Un soir j’ai constaté le goût du repas qu’on nous servait n’était pas « trop ça » ce n’est pas que le goût était mauvais du fait de la mauvaise cuisine mais il t’avait un arrière-goût que mon palais n’arrivait pas détecter. J’ai commencé à gronder à dire: c’est quelle genre de nourriture ça ? » J’ai exigé que ces repas soient désormais goûtés par ceux qui nous servaient directement. Ce qui était souvent fait. Souvent parce qu’il y a des jours où je me sentais mal et je ne partais sur place vérifier.

Tout compte fait la sortie de prison de la grande majorité était en Octobre 2019 si je ne me trompe.

En attendant les cinq ans de Madame Ngah Brigitte on continue le combat
« La densité du feu de brousse ne change rien à la démarche royale de la tortue. »

Serges Branko Nana Nana « le Général de Kamto »

 

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