Suite à la fermeture de Bnews 1, Jean Claude Mbede revient sur sa propre éviction du paysage médiatique camerounais. Le journaliste en exil évoque les menaces, tentatives d’empoisonnement et persécutions politiques qu’il a subis. Dans un message adressé à Ernest Obama, JC Mbede rappelle que les mots « fermeture » et « restructuration » ne lui sont que trop familiers. Exilé depuis 17 ans, il affirme vouloir raconter lui-même son histoire face à ceux qui ont tenté de l’effacer.
Lire ici son texte :
Un soir de juillet 2006. Au quartier Elig Essono, lieu-dit Hôtel Girafe. J’avais reçu une délégation de « patriarches » conduite par un certain Roger Belinga alors maire de la commune de MFOU. Il avait été envoyé par mon partenaire de Radio Fm Liberté, projet éditorial que je venais de lancer et qui ambitionnait de devenir TV Liberté, Liberté Magazine et Liberté Quotidien. Mon partenaire, le ministre des sports Augustin Edjoa, ancien proviseur du lycée Leclerc et ancien président de la fédération d’athlétisme m’avait rejoint dans le projet pour surtout pour le servir de couverture politique car, des journaux venaient de oublier ma lettre de démission de STV et dans laquelle je disais que je préférais rester au chômage plutôt que de compromettre mon âme pour exercer le métier de les rêves. Cette lettre parue en 2005 fut le point de départ de tous mes problèmes avec le régime ou certains des membres.
La délégation conduite par le maire Roger Belinga était porteur d’un message que l’édile de MFOU se chargea de me transmettre en mon bureau en présence de la secrétaire et quelques ténors de la radio. Je peux citer Eric Eva actuel directeur de Sky One Radio ou encore Enerraypie Eyebe, ex époux d’une ancienne amie travaillant à la Sopecam..
Prenant la parole, Roger Belinga me dit exactement ceci : ‘ fiston tu as embarqué tout un ministre dans cette affaire (il était proviseur quand nous commençâmes) et puisque je dois le représenter, tu dois savoir que ce projet doit devenir grand à la mesure des ambitions d’un ministre. » Puis il poursuivit: » or, il N’y a aucun projet grand Sans sacrifice humain « , trancha t’il. J’étais tétanisé. Puis je lui rétorquai avec fermeté que la radio allait rayonner sans sacrifice humain. Il tenta de me convaincre en prenant des exemples du genre : »pour construire un pont sang doit couler etc. ». Certains de mes collaborateurs étaient alignés derrière eux et pensaient que le ministre pouvait m’arracher ma radio. Face à ma résistance, il tentèrent d’abord de me donner du poison. Puis, ils envoyèrent deux journalistes de la CRTV pour faire une restructuration d’une radio qui faisait une des meilleures audiences de Yaoundé en deux mois.
Les deux journalistes envoyés étaient François Marc Modzom et Adèle Mbalmayo Atangana. Je les avais chassé en leur disant que je n’avais pas besoin d’eux pour donner une couleur crtviste à ma radio. Car j’avais passé trois mois en France à copier le fonctionnement des radios FM pour bâtir mon projet. Mes jingles étaient réalisés en voice original par mon ex pote de l’époque, la chanteuse française Âmel Bent.
Face à la résistance, on m’envoya le directeur du secteur douane qui vint me dire que le matériel de la radio fut sorti frauduleusement du fret de l’aéroport de Nsimalen. Je l’avais chassé. Le lendemain, le ministre Njoh Mouelle m’envoya une lettre en me demandant de fermer ma radio, car , disait-il, la fréquence 91.4 que ses propres services techniques m’avait octroyée appartenait à l’armée.
Un jour plus tard j’étais interpellé et déféré au parquet du tribunal de MFOU pour faux en écriture privée. Grâce à Amadou Vamoulke qui m’octroya rapidement un marché de 4,9, j’avais pu m’en fuire du Cameroun en passant par le Nigeria.
Cela fait 17 ans.
Je fais ce rappel pour dire à Ernest Obama que le mot » fermeture » ou restructuration me fait un genre.
Ensuite, comme toujours je profite d’une actualité pour raconter le A1 de mon histoire. Celle que d’autres ont voulu raconter dans moi.
Avant de venir écrire ici que je dois mourir en exil, il faut savoir que, alors que des gens volent des milliards sans être inquiétés ,voici tout ce qui fait que je sois interdit d’accès au Cameroun.
Notre Cameroun.
Ils veulent que je laisse d’autres personnes inventer mon histoire alors que je peux la raconterez de mon vivant. Au Cameroun quand on vous dit à voix basse de détester quelqu’un demandez vous ce que cette personne vous a fait.
Bonne soirée !





