Le Parti Camerounais pour la Réconciliation Nationale (PCRN) subit un revers majeur dans le Grand Nord. Le 3 novembre 2026 à Garoua, 128 militants ont officialisé leur démission collective du parti de Cabral Libii. Dénonçant une « opposition de façade », des choix stratégiques controversés et un abandon des idéaux d’origine, les frondeurs ont immédiatement rejoint le Pacte Social pour la Gouvernance (PSG) aux côtés de Nourane Foster.
C’est une saignée politique d’ampleur qui frappe l’ancrage du PCRN dans la région du Nord. À travers une déclaration commune rendue publique à Garoua, les 128 démissionnaires motivent leur départ par une détérioration profonde de la confiance envers la direction nationale.
Au cœur des griefs figure le sentiment d’une dérive idéologique : les signataires reprochent à Cabral Libii de s’être éloigné de l’esprit du mouvement fondateur « 11 millions de citoyens ». La base contestataire pointe également l’isolement stratégique du président du PCRN lors du dernier scrutin présidentiel, concrétisé par son refus de nouer des alliances avec le reste de l’opposition. Sa récente proposition visant l’élection d’un vice-président est, elle aussi, balayée et qualifiée de manœuvre visant à maintenir le statu quo.
Désillusion éthique et crise de crédibilité
La rupture repose sur une crise morale exacerbée par de récents épisodes politiques. Les militants évoquent leur refus de porter une « opposition de façade », exacerbé par le flou autour des 21 000 procès-verbaux d’élection revendiqués par le leader du parti, une affirmation démentie publiquement par son ancien conseiller spécial, Fayçal Hamadou Demaissala. Un désaccord éthique qui a fini d’installer un doute irréparable sur la sincérité de la ligne officielle.
Le PSG et Nourane Foster consolident leur ancrage dans le Septentrion
L’onde de choc ne s’est pas arrêtée au simple départ du PCRN. Dans la foulée de cette annonce, la députée Nourane Foster est intervenue publiquement pour accueillir chaleureusement ces 128 nouveaux adhérents au sein du Pacte Social pour la Gouvernance (PSG) dans la région du Nord.
Cette adhésion collective survient quelques semaines seulement après le propre départ de la parlementaire du PCRN vers le PSG. En enregistrant l’arrivée de ces cadres et militants de terrain à Garoua, la formation politique réalise une opération stratégique majeure dans le Septentrion, redistribuant les cartes de l’opposition à l’approche des prochaines échéances politiques.





