Dans cette sortie du journaliste, il fustige la conduite de certains membres de la Brigade Anti Sardinard (BAS) à l’égard de Maurice Kamto du président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun.
Chers amis, j’ai lu avec intérêt vos annonces spectaculaires de défection des rangs des soutiens de Maurice Kamto. Dans ce vent de « mercato politique » vous avez choisi d’abandonner vos postures d’hier, pour vous vêtir de la peau de transfuges d’aujourd’hui.
Il m’a donc semblé utile de vous rappeler que nous sommes en politique et, ici, la mémoire n’est jamais courte. elle n’oublie pas. Elle tolère.
En 2018, alors que l’euphorie électorale aveuglait les foules, certains d’entre nous, observateurs avertis de la grammaire politique de Yaoundé, avions tiré la sonnette d’alarme.
Conscients que 2018 n’était pas la bonne occasion stratégique pour attaquer un régime impréparé , boulimique, encore affamé et soucieux de se doter d’un autre mandat à tous les prix, Nous avions suggéré au Professeur Maurice Kamto la patience, le rassemblement et la préparation méthodique de l’échéance de 2025. Nous avions prôné la construction d’un socle national, trans-ethnique, capable de fissurer le mur de marbre du régime. Tous ensemble.
Quelle fut votre réponse ? L’insulte, la calomnie, la violence, l’agressivité et la création de votre Brigade Anti-Sardinards (BAS) qui, sous prétexte de libération, a instauré un terrorisme intellectuel sans précédent. Vous avez alors traqué tous ceux qui n’allaient pas dans votre sens. Ce faisant, vous avez instauré un climat de peur et de gueguerre.
Vous avez été les architectes du naufrage du Professeur Maurice Kamto qui aura commis l’erreur de se maintenir trop longtemps sous votre joug. Simplement par l’application de l’équation politique contraignante du 1+1 lors d’une élection du à un tour.
En érigeant un clivage ethnique mortifère, vous avez transformé une figure de l’intellectualisme brillant en un épouvantail pour une grande partie du pays. C’est vous qui avez permis à n’importe quel quidam de parler du Professiez Kamto, un des plus brillants intellectuels africains, « en pliant la bouche ».
Aujourd’hui, le spectacle est affligeant. Ceux-là mêmes qui traitaient tout contradicteur d’« ennemi » quittent le navire Kamto pour rejoindre le président Issa Tchiroma 2025 Bakary. Ce nomadisme politique, teinté de mercantilisme, est une insulte à l’engagement citoyen.
Comme le disait le professeur Maurice Kamto lui-même :« On ne construit pas le destin d’un peuple sur la haine et la division. »
Pourtant, c’est exactement ce que vous avez fait. En prônant un boycott agressif de ceux qui ne vous suivaient pas, vous avez fini par lasser les Camerounais , par les irriter. Vous avez réussi à les retourner en masse contre un des Héros de guerre qui a permis au Cameroun de gagner face au Nigeria sans combattre militairement, et a réussi à transporter un conflit militaire perdu d’avance sur le terrain intellectuel et juridique international. Vous avez déshabillé le leader du MRC pour habiller, malgré lui, vos propres frustrations.
Et maintenant, vous vous tournez vers Issa Tchiroma par simple soif de vengeance. Vous jouez à un jeu dont vous ne maîtrisez pas les règles. Nicolas Machiavel écrivait dans Le Prince : « Les hommes changent volontiers de maître, croyant rencontrer mieux ; et cette croyance leur fait prendre les armes contre celui qui les gouverne : en quoi ils se trompent, car ils voient bientôt par expérience qu’ils ont empiré leur condition. »
En rejoignant le Président massivement élu par les camerounais, Issa Tchiroma, vous oubliez une chose fondamentale : le respect entre les grands. Issa Tchiroma, politicien professionnel et rompu aux arcanes du pouvoir, n’a jamais manqué de respect à Maurice Kamto. Il sait, lui, que la politique n’est pas une arène de boxe de rue, mais un jeu d’échecs.
Issa Tchiroma rappelait d’ailleurs avec sa verve habituelle : « En politique, on ne se bat pas contre des individus, on se bat pour des idées et pour la survie d’une nation. »
Sachez-le, votre agitation est vaine. Si le changement doit advenir dans les trois à cinq prochaines années, il ne se fera pas par l’exclusion, mais par la synthèse. Il se fera avec le tandem Issa Tchiroma – Maurice Kamto, ou il ne sera pas.
Machiavel nous enseigne que celui qui arrive au pouvoir doit savoir s’appuyer sur les forces en présence pour stabiliser l’État. Que ce soit l’un ou l’autre, aucun ne pourra gouverner durablement sur les cendres du pays que vous avez tenté de brûler par votre radicalisme, sans le soutien stratégique de l’autre.
Il est lâche d’avoir terni l’image d’un homme comme Maurice Kamto, de l’avoir poussé vers des postures radicales pour satisfaire vos egos numériques, pour ensuite le lâcher au bord de la route. La politique est un engagement, pas un virement bancaire ou une vendetta personnelle.
En rejoignant le camp d’Issa Tchiroma, sachez que vos faits d’armes vous y ont déjà précédés.
Avec vous, on sait à quoi s’attendre.





